Algues vertes: les plages à risque fermées en bretagne

Les écologistes et les scientifiques en avaient déjà fait la requête d’urgence. Mardi 9 août, Nathalie Kosciusko-Morizet a décidé de fermer toutes les plages où les algues vertes ne pouvaient être ramassées chaque 24 heures. But de cette mesure : minimiser les risques pour les personnes après la mort en Bretagne de sangliers ayant inhalé du gaz toxique.

La décision de la ministre de l’Ecologie intervient après la publication d’analyses établissant que la mort des animaux, décédés en grand nombre en juillet dans l’estuaire du Gouessant, près de Saint-Brieuc, trouvait leur cause dans l’inhalation d’hydrogène sulfuré émis par les algues en décomposition.

La priorité dans ce contexte c’est l’application des mesures de protection: aucune plage où les algues vertes ne peuvent être ramassées toutes les 24 heures ne doit être fréquentée“, a déclaré la ministre en marge d’un déplacement à Arromanches-les-Bains (Calvados). “C’était la norme. C’est une exigence que j’ai réaffirmée de manière très très stricte après avoir reçu les analyses“, dont les résultats ont été rendus publics ce week-end.

Pour le docteur Claude Lesné, ancien chercheur au CNRS, spécialiste de la toxicité des polluants aériens, “une cinquantaine” de sites pourraient être concernés en Bretagne. Toutefois, “les dépôts d’algues peuvent évoluer d’un jour à l’autre et même d’une marée à l’autre”, certaines plages pouvant n’être affectées que temporairement, a-t-il indiqué à l’AFP. Selon lui, loin de nuire au tourisme dans la région, “le fait que les autorités finissent enfin par reconnaître la réalité et adoptent des mesures en conséquence peut restaurer la confiance des gens“, alors que la grande majorité du littoral est saine, a-t-il estimé. “Aujourd’hui, chacun a pris conscience que l’on était devant un problème de santé publique“, s’est félicité le porte-parole de l’association Eau et rivières de Bretagne, Jean-François Piquot. Pour lui, “le plan algues vertes doit être accéléré et les mesures de santé publiques doivent être renforcées“.

Le plan de ramassage systématique des algues là elles peuvent être ramassées,  ainsi que la réduction à terme des rejets azotés qui favorisent cette prolifération, a été adopté l’an passé par l’Etat et les collectivités locales après la mort en 2009 d’un cheval et d’un convoyeur. Prévu pour huit baies, il n’a pour l’instant été signé que pour une seule d’entre elles, celle de Lannion, et doit être signé en septembre pour la baie de Saint-Brieuc. “L’agriculture a une part importante dans les nitrates qui sont produits en Bretagne et se retrouvent dans les rivières“, mais il faut du temps pour modifier un système de production qui existe “depuis des décennies“, a estimé Mme Kosciusko-Morizet.

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