Nicolas Hulot et les primaires: “tout ça n’est pas très noble”

Perdant de la primaire d’Europe Ecologie-Les Verts, Nicolas Hulot fait part de ses reproche à l’égard du mouvement dans unentretien au magazine Breton paru le 29 juillet. Il reproche aux responsables d’avoir “tout fait pour lui compliquer la tâche” et critique le comportement d’Eva Joly. Il déplore aussi un “immense gâchis”.

“Elle a été incapable de s’affranchir des attaques”, déclare Nicolas Hulot, qui regrette que l’ancienne magistrate n’ait “pas eu un mot” lorsqu’il avait reçu d’un militant un seau d’épluchures sur la tête, lors d’un déplacement, le 9 juillet. “Tout ça n’est pas très noble. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que cela ne donne pas très envie d’y rester”, confesse l’ancien présentateur d'”Ushuaïa” (TF1).

Il reproche également à l’organisation du scrutin, “le calendrier, le périmètre de vote”, de l’avoir desservi. “Moins de un quart des gens inscrits sur mon site ont pu voter tellement la procédure était compliquée (…) Ensuite, on a commencé à voter immédiatement après la fin du premier tour, alors que dans n’importe quelle élection à deux tours, il y a toujours un délai. C’est de la folie”, regrette l’animateur.

“Les médias sont conditionnés par la façon traditionnelle de faire de la politique. Les électeurs aussi. Et plus que les électeurs, les militants. Ils aiment les formules, ils aiment les ennemis désignés. Prononcez cinq fois le mot Sarkozy dans un discours : vous provoquez des orgasmes…”, estime-t-il. Et d’ajouter : “ce qui est très étonnant chez les écologistes, c’est que certains ne s’appliquent pas à eux-mêmes les valeurs qu’ils prônent pour les autres. La sensibilité écologiste dans la société ouvrait une voie royale à Europe Écologie. Mais, à mon avis, là, tel que c’est parti, c’est raté”.

“La personnalisation de la politique, on peut la regretter. Mais dans ce cas-là, à quoi bon me faire la danse du ventre pendant des années pour que je vienne les rejoindre ? C’est tout le paradoxe de leur attitude”, continue l’ancien candidat. “De Jean-Vincent Placé à Dany Cohn-Bendit, en passant par Cécile Duflot et Noël Mamère, ils n’ont eu de cesse de me demander de les rejoindre. Mamère m’a dit que j’étais le seul candidat possible. Et pourtant, il fut le premier à m’envoyer des banderilles à partir du moment où je me suis présenté. À un moment, je ne sais pas quel diplôme de psychologie il faut avoir pour comprendre leur fonctionnement”, insiste-t-il.

Nicolas Hulot finit par conclure que “Cela ne sert à rien d’insister”, “si je ne leur apporte pas grand-chose [à EELV] (…) il vaut mieux que je reprenne une autre forme d’engagement”.

Dans un entretien au JDD.fr, l’ex-candidate à la présidentielle des Verts, Dominique Voynet, estime que la position de Nicolas Hulot est “sévère et insultant[e] vis-à-vis de militants qui, pour beaucoup, ont accepté de choisir un candidat qui n’était pas issu du sérail”, en l’occurrence, Eva Joly. “Il a torpillé la dernière campagne [présidentielle]” en ne soutenant pas les Verts ; “je ne peux pas croire qu’il puisse recommencer”, espère Dominique Voynet.

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