Les tensions au Kosovo comparées à un “baril de poudre”

La situation dans le nord du Kosovo a été comparée à un “baril de poudre” par le ministre serbe des Affaires étrangères jeudi 28 juillet. Il a appelé à une intervention rapide de la communauté internationale pour éviter de nouvelles violences.

Suite à l’envoi de renforts de l’Otan et de la Serbie dans la zone frontalière ou un policier kosovar albanophone a été abattu et un poste frontalier incendié par des serbes de souche,   la situation s’est calmée jeudi dans la région à majorité serbe a situation. Le chef de la diplomatie serbe, Vuk Jeremic, a déclaré aux journaliste en marge d’une réunion à huis clos du Conseil de sécurité sur le dossier: “C’est certainement un baril de poudre étant donné qu’il y a des barrages routiers et beaucoup de tension à travers tout le territoire”.

Les recrudescences de violence ont été provoquées par un conflit commercial entre le Kosovo, dont la population est à 90% albanophone, et la Serbie, qui nie l’indépendance proclamée de son ancienne province en 2008. Lundi, le gouvernement de Pristina a mobilisé les forces spéciales de police pour occuper les postes frontaliers localisés dans le nord et procéder à l’interdiction des importations en provenance de Serbie, en réaction au blocage par Belgrade des exportations kosovares.

Vuk Jeremic a demandé à ce que le conseil se réunisse d’urgence en appelant à ce qu’il”condamne l’usage unilatéral de la force”, en faisant référence à l’opération de police kosovare. Mais l’instance onusienne, mitigé sur la question ne va a priori pas prendre une décision dans son sens. Le ministre serbe a eu un entretien avec le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui a insisté sur le fait que tous les acteurs devaient “s’abstenir d’actions susceptibles d’exacerber la situation”.

Vuk Jeremic a souhaité la tenue, vendredi, d’une réunion publique du Conseil sur le Kosovo, mais les États-Unis, la Grande-Bretagne et d’autres grandes puissances qui ont reconnu la sécession de l’ancienne province serbe en 2008 s’y sont opposés, craignant que Belgrade et son alliée la Russie s’en servent comme tribune pour dénoncer l’attitude de Pristina. Les États-Unis et l’Union européenne ont désapprouvé l’envoi des policiers dans le Nord, estimant que Pristina aurait dû consulter avant ses alliés occidentaux, qui ont 6 000 militaires déployés sur place afin de maintenir la paix.

Environ 60 000 Serbes de souche habitent dans le nord du Kosovo et considèrent toujours Belgrade comme leur capitale. Quarante mille autres Serbes vivent dans des enclaves disséminées sur le reste du territoire kosovar.

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