Les patrons ont le moral dans les talons

L’Insee a publié vendredi 22 juillet l’indice du climat des affaires en France de juillet qui s’est nettement dégradé par rapport à juin. Tous les secteurs sont concernés, exceptés le secteur du bâtiment.

Même s’il reste supérieur à sa moyenne de long terme, l’indice du climat des affaires français perd quatre point par rapport au mois précédent, s’établissant à 105 points.  L’institut observe que «Le climat conjoncturel se dégrade dans presque tous les secteurs». Seul le secteur du bâtiment échappe à la tendance.

sans optimisme mais sans non plus être alarmistes, les industriels (dont l’indicateur de confiance passe de 110 à 105 points en juillet) estiment que leur activité passée a sensiblement ralenti. L’Insee remarque que «Les stocks de produits finis sont considérés comme faibles», note l’Insee. Les carnets de commandes sont moins remplis mais demeurent suffisant, poursuit l’institut. Camille de Williencourt, économiste chez Natixis donne son analyse: «Nous ne sommes guère surpris par ces mauvais chiffres. Au premier trimestre, la production industrielle a été tirée par des facteurs temporaires, comme les derniers effets de la prime à la casse, ou la forte croissance de l’Allemagne. Ce n’est plus le cas, et il faut s’attendre à un ralentissement de l’activitéde ce secteur pour les deux trimestre à venir.»

C’est la même chose pour les services, où le climat des affaires se replie de quatre points (à 103 points contre 107 au mois de juin). Les patrons «s’attendent à ce que la demande soit moins favorable ces prochains mois, souligne l’Insee. S’ils estiment que leur résultat d’exploitation a quelque peu accéléré sur la période récente, ils anticipent un net ralentissement dans les prochains mois.» Pour Dominique Barbet, économiste chez BNP Paribas, «la difficulté des patrons à monter les prix va continuer à peser sur leurs marges et sur l’emploi sur secteur».

Les dirigeants du commerce de détail et de l’automobile sont eux aussi  forcés de constater un ralentissement d’activité au mois de juillet. Celui-ci se poursuivrait «au regard de la baisse des ventes prévues et des intensions de commandes», constate l’institut. Lequel note que «ceux-ci ont d’ailleurs été moins nombreux que lors de la dernière interrogation à déclarer des hausses de prix sur le passé». Malgré une mauvaise conjoncture, les détaillants indiquent que le rythme des créations d’emploi devrait rester stable au cours des prochains mois.

Au vu de ces chiffres, Dominique Barbet maintient tout de même sa prévision de croissance de 0,3% pour le deuxième trimestre. Mais se veut «un peu plus pessimiste» pour les trois mois qui suivront, où il misait sur une progression du PIB de 0,4%. Pour sa part, Camille de Williencourt estime que l’activité va continuer à se dégrader à petit feu jusqu’à la fin de l’année, tablant sur une croissance nulle au prochain trimestre.

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