Tristane Banon:le parquet de Paris ouvre une enquête

Une enquête préliminaire va être ouverte par le parquet de Paris pour éclairer l’affaire qui oppose Tristane Banon à Dominique Strauss-Kahn. C’est la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP)  qui devrait être chargée de l’enquête.

Les enquêteurs vont d’abord s’intéresser au témoignage de la jeune femme, une romancière de 32 ans qui accuse l’ancien patron du FMI de tentative de viol le 11 février 2003. Ils vont essayer de retracer dans les moindres détails le déroulement des faits ce jour-là et vérifier si la description des lieux retranscrite dans la plainte est exacte.

Tristane Banon s’est déjà exprimée publiquement sur le sujet. A l’époque, elle était âgée de 23 ans et travaillait sur un livre concernant “erreurs avouées” des hommes politiques. elle avait réussi à obtenir une interview de l’ancien ministre des finances de Lionel Jospin.

Tristane banon et DSK s’étaient d’abord rencontrés à l’Assemblée nationale. Puis quelques temps après, il l’avait accueillie dans un appartement parisien du 7e arrondissement, “où Dominique Strauss-Kahn lui a donné rendez-vous, et est venu la chercher en bas de l’immeuble”, précise Me David Koubbi, l’avocat de la plaignante.

Tristane Banon a narré le déroulement du rendez-vous à l’Express: “Il m’a proposé un café, j’ai sorti mon dictaphone, il a voulu qu’on aille sur le canapé, puis que je lui tienne la main pour répondre, ‘sinon je n’y arriverai pas’ “, a-t-il dit. “J’ai voulu m’en aller. Il a arrêté le dictaphone, m’a attrapé la main puis le bras, je lui ai demandé de me lâcher”, ajoute-t-elle. Jusqu’aux détails plus crus: “ses doigts dans ma bouche”, “ses mains dans ma culotte après m’avoir fait sauter le jean et le soutien-gorge, sous mon col roulé noir”.

Lundi 4 juillet, Me Henri Leclerc, et Frédérique Beaulieu, les conseils parisiens de Dominique Strauss-Kahn, ont rappelé que ce dernier “a toujours affirmé que les faits évoqués par Mme Banon depuis 2007 étaient imaginaires”. Ils envisagent de déposer plainte pour dénonciation calomnieuse.

Ne disposant d’aucun témoin de la scène,  les policiers devraient interroger les proches de Tristane Banon, et notamment sa mère, Anne Mansouret, une élue socialiste de l’Eure, qui aurait rejoint sa fille juste après son appel. “Je n’étais pas à New York, mais en revanche j’étais dans le 7e arrondissement de Paris, il y a huit ans lorsque j’ai récupéré ma fille sortant de cet entretien avec Dominique Strauss-Kahn”, déclarait-elle sur BFM TV, le 15 mai.

La plainte mentionne également l’existence d’un SMS envoyé par DSK à Tristane Banon, lu par un proche de la jeune femme, “et dont on ne contestera pas le témoignage”, assure Me Koubbi. “Cette personne a rappelé le numéro qui s’affichait et a reconnu la voix de M.Strauss-Kahn.”

Au terme de l’enquête, le parquet décidera s’il classe l’affaire sans suite ou s’il saisit un juge d’instruction. Au regard de l’incrimination actuelle retenue, “tentative de viol”, donc un crime, l’affaire relèverait alors de la cour d’assises.

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