La Joconde reste à la maison, un point c’est tout

Actuellement au musée du Louvre, la Joconde est convoitée par une association florentine et une pétition circule sur Internet pour que le tableau soit prêté à Florence. La réponse du directeur du département des peintures est simple et catégorique: «Trop fragile, il ne peut plus bouger».

La France ne prêtera pas la Joconde, qu’elle estime trop fragile pour voyager. Vincent Pomarède, le conservateur en chef du département des peintures a expliqué qu'”avec le temps, le tableau peint sur un panneau de bois de peuplier très mince s’est courbé et présente une fente nettement visible au dos, côté gauche. Tous mes homologues en France comme à l’étranger savent cela. Même quand nous la décrochons pour son examen annuel, nous ne l’amenons pas au laboratoire, nous l’étudions en salle. Deux heures en dehors de son caisson isotherme suffisent pour constater que sa fente s’élargit.”

La direction à fait savoir que quoiqu’il en soit, elle n’a” reçu aucun dossier officiel pour un tel prêt» en réponse à une demande formulée jeudi. Elle émane d’une association italienne – et non d’un musée – ce qui est peu commun. Il s’agit d’un Comité national pour la valorisation des biens culturels, composé d’anthropologues, d’historiens et d’experts, mais dont la légitimité est mis en doute par nombre d’universitaires de la Péninsule. Il est dirigé  par Silvano Vincenti, ex présentateur de télévision qui, depuis quelques années, s’est donné les titres de détective et historien de l’art.

Vincenti a lancé un appel sur internet sous la forme d’une pétition. Il souhaite obtenir dix mille signatures dans le but de convaincre le Louvre de prêter le chef-d’œuvre cent ans après sa dernière « visite » en Italie. La Joconde avait été dérobée en 1911 et retrouvée deux ans plus tard à Florence. Un antiquaire avait alerté les autorités après avoir reçu des propositions de vente. En guise de remerciements, la France avait autorisé l’exposition du tableau à Florence, Rome et Milan.

Après la seconde Guerre mondiale, la Joconde n’est sortie que deux fois: en 1967, à l’initiative d’André Malraux, pour une exposition à New York puis en 1974 pour une exposition à Tokyo avec une brève étape à Moscou. À chaque fois la décision avait été prise directement par l’Élysée, contre l’avis des conservateurs. Pour l’heure l’initiative de Vincenti n’a reçu le soutien que d’une autorité publique: le gouvernement de la province de Florence. «Je n’ai jamais rien prêté contre mon gré», prévient Vincent Pomarède.

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