Khmers rouges: un procès historique au cambodge

Quatre Khmers rouges sont inculpés de crimes contre l’humanité, crime de guerre et génocide et seront jugés lors d’un procès historique, trente six ans ans après l’instauration du régime.

Soutenu par les Nations-Unis, le tribunal cambodgien s’apprête à juger quatre proches du pol Pot, aujourd’hui octogénaires: l’idéologue et numéro 2 du régime Nuon Chea, l’ancien président Khieu Samphan, l’ancien ministre des Affaires étrangères Ieng Sary et son épouse Ieng Thirith, ancienne ministre des Affaires sociales.

Ce procès bénéficie d’une médiatisation considérable au Cambodge, en dépit du fait que les prévenus déjà âgés ont des chances de mourir avant le verdict en regard de la lenteur de ce tribunal d’exception. Créés en 2005, les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) ont déjà jugé et condamné Kaing Guek Eav dit “Douch” à 35 ans d’emprisonnement.

le rôle joué par les quatre prévenus dans les quatre années sanglantes, entre 1975 et 1978 ,est important. On estime qu’environ 1,7 million de personnes, soit 21% de la population cambodgienne, ont été exécutées ou ont péri de faim, de maladie ou d’épuisement dans des camps de travail agricoles.

les quatre chefs d’inculpation sont les suivants:

  • crimes contre l’humanité (meurtre, esclavage, déportation, emprisonnement, torture, persécution pour des motifs politiques, raciaux et religieux et autres actes inhumains)
  • génocide pour le meurtre de Vietnamiens et de l’ethnie Chams
  • violations graves de la Convention de Genève de 1949 (meurtres, actes de torture et traitements inhumains infligés de manière délibérée; infliger de manière délibérée de grandes souffrances ou de graves blessures corporelles; priver de manière délibérée un prisonnier de guerre ou un civil du droit à un procès juste et équitable; déportation illégale ou emprisonnement illégal d’un civil)
  • meurtres, actes de torture, persécution religieuse (contre les Chams musulmans), tels que définis par le code pénal cambodgien de 1956

A priori, les prévenus vont plaider non coupables. Le tribunal prononce des peines allant de cinq ans de prison à la réclusion à perpétuité. De ce lundi jusqu’à jeudi, les débats en audience portent sur des questions de procédure. Ce n’est qu’en août que les quatre anciens responsables, en détention depuis 2007, viendront témoigner. Ce procès devrait durer plusieurs années.

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