Triche et bachotage: le syndrome Ducobu

A l’heure ou Ducobu, le roi de la triche, est projeté sur nos écrans, le ministère de l’éducation a annoncé qu’il allait ouvrir une enquête administrative pour faire suite aux rumeurs de fuites aux épreuves d’anglais et de physique du bas S. Les soupçons portant sur les fuites  renseignant sur l’épreuve de mathématique ont déjà été avérés.

Le ministre Luc Chatel a néanmoins fait preuve de prudence en déclarant n’avoir “aucune indication sur d’autres fraudes au baccalauréat, la seule fraude avérée c’est celle que nous avons constatée à l’un des exercices de mathématiques”. Mercredi, une des principales organisations de lycéens, la FIDL, avait demandé que “toute la lumière soit faite” à ce sujet.

C’est la publication par RTL jeudi matin de photos de textos contenant l’énoncé du sujet reçus par un lycéen parisien la veille des épreuves d’anglais et de physique qui a mis le feu au poudre. Ce lycéen affirme par ailleurs que ces informations “s’échangent surtout par voie orale, beaucoup dans les bibliothèques.”

Selon la FIDL, “ces fraudes viennent fragiliser cet aspect essentiel d’un diplôme qui risquerait de se trouver décrédibilisé si les filières de fraude n’étaient pas démontées”. Le syndicat demande “au ministère de prendre toutes les mesures adéquates afin que les candidats ne pâtissent pas d’une situation qu’ils subissent”. Il a également émis le souhait que soient revues “les procédures de contrôle de la confidentialité des épreuves, une faille dans cette dernière ayant aujourd’hui, par la réalité des nouvelles technologies de l’information, des effets démultipliés”.

Le ministre Luc Chatel a annoncé jeudi “qu’à la suite des propositions des fédérations de parents d’élèves et des organisations lycéennes, nous devons réfléchir à l’organisation du bac et à la sécurisation plus forte des épreuves”. Une consigne qui a été envoyée “à l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale”, a-t-il ajouté.

Le secrétaire général du syndicat des personnels de direction de l’éducation nationale, Philippe Tournier, a estimé que le “système est en crise” et a réclamé que l’organisation des épreuves du baccalauréat soit revue “entièrement.” “Ce qui est en cause aujourd’hui, ce sont les modalités de passation des épreuves et l’organisation même de notre examen, qui n’est manifestement plus du tout adéquate”, a estimé M. Tournier. la simplification du système d’élaboration des sujets est nécessaire selon lui, car il “est extrêmement sécurisé” mais aussi “extraordinairement fragile.” Il a entre autres appelé à imiter sur “les pays étrangers” qui “ont trouvé des solutions relativement différentes des nôtres.”

une enquête avait déjà été ouverte mercredi pour éclairer les circonstances de la fuite sur Internet d’un des quatre exercices de l’épreuve de mathématiques du bac S, passée la veille par 165 000 élèves. Le ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel, qui a porté plainte, a exclu l’annulation de l’épreuve, la fuite “avérée” portant sur l’exercice de probabilité qui compte pour 4 points sur 20.

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