Japon: l’AIEA a livré son diagnostic

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a sévèrement critiqué le Japon pour avoir sous-estimé  les risques associés à un tsunami pour la centrale nucléaire de Fukushima. L’agence sollicite une action du gouvernement pour éviter une nouvelle catastrophe.

Les experts de l’AIEA ont fait savoir au Premier Ministre japonais Naoto Kan, dans un rapport qui lui a été remis mercredi, qu’il était nécessaire que le gouvernement engage une réflexion sur la nature des constructions et de la maintenancee des centrales japonaises.

La centrale de Fukushima avait été construite pour résister à un tsunami de 5,7 mètres de haut et les risques d’une vague plus élevée avaient été quantifiés.

La vague qui a déferlé ur l’installation après le puissant séisme du 11 mars a été estimée à 14 mètres de haut. Elle a infligé de graves dommages aux trois premiers réacteurs de la centrale, que les employés n’ont toujours pas réussi à refroidir.

Le rapport de l’AIEA est la première évaluation étrangère de la crise de Fukushima. Michael Weightman, directeur de l’Agence britannique de sûreté nucléaire et responsable de la mission de l’AIEA a déclaré: “Ce que nous essayons de faire, c’est de réfléchir à ce qui s’est passé et de pousser en faveur de normes internationales de sécurité plus élevées“.

Dans un rapport de trois pages, la mission de l’AIEA demande au Japon de donner son indépendance à l’Agence de sûreté nucléaire, actuellement liée au ministère chargé de l’industrie atomique.

A noter qu’en 2007, le Japon avait ignoré une recommandation similaire de l’organisation de l’Onu. Goshi Hosono, conseiller de Naoto Kan ayant reçu le rapport, a fait savoir que les réformes attendues seraient annoncées dès la semaine prochaine et aborderait cette question.

L’AIEA, qui mentionne les ouvriers sacrifiés de la centrale, propose aussi de renforcer la sécurité des centres de contrôle des centrales. Le Tsunami a rendu inopérant celui de Fukushima, ce qui a fait que dans les heures suivant les catastrophes, déterminantes pour la suite des événements, il était impossible de savoir qui devait prendre les décisions.

Michael Weightman a jugé que les centrales japonaises pouvaient être sûres à condition de construire de nouvelles défenses contre les tsunamis et de s’engager à revoir les procédures de sécurité.”On ne peut pas prédire les catastrophes naturelles mais on peut dire ‘laissez-moi prédire les conséquences’“, a dit l’expert britannique.

Sur le plan sanitaire, les experts de l’AIEA estiment que les autorités japonaises devront adopter un plan d’élimination des radiations autour de Fukushima avant de faire revenir les 80.000 personnes évacuées.

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