Sida: les recherches continuent de progresser

La publication d’une étude jeudi aux Etats-Unis a révélé  qu’un traitement précoce avec des antirétroviraux élimine quasiment le risque de transmission du sida par des personnes séropositives. L’OMS et l’Onusida ont salué la découverte.

L’essai clinique a été menée auprès de 1.763 couples, pour la majorité hétérosexuels, dans neuf pays dont l’Afrique du Sud, l’Inde, le Brésil et les Etats-Unis. Il a prouvé que dans le cas où le traitement était pris assez tôt, il réduisait de 96% le risque d’infecter un partenaire sexuel sain. Le directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses aux Etats-Unis, organisme qui a financé l’étude, explique que “Les précédentes données sur le potentiel des antirétroviraux pour réduire la contagion d’un séropositif provenaient seulement d’études observationnelles ou épidémiologiques”.

Pour être éligibles à l’étude, les sujets séropositifs sélectionnés (890 hommes et 873 femmes) devaient avoir une charge virale – nombre de copies du virus dans leur sang et mesure de la santé du système immunitaire – entre 350 à 550 par millimètres cube. Ce pour ne pas avoir besoin de prendre un traitement pour rester en bonne santé. Chez les couples dont le conjoint séropositif a pris des antirétroviraux, seul un cas de transmission a été constaté, contre 27 dans le groupe témoin.

Les chercheurs insistent néanmoins sur le fait que ces résultats interviennent dans des couples séro-différents et qu’on ne peut pas généraliser ces résultats à la population dans son ensemble“, notamment chez des patients séropositifs ” qui ont de nombreux partenaires et n’ont pas la même constance dans la prise de leur traitement”.

Michel Sidibé, directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le sida, a déclaré que Cette percée scientifique change considérablement la donne et assurera l’avancement de la révolution de la prévention. Elle place le traitement anti-VIH au rang des nouvelles options de prévention prioritaires. Il a poursuivit sur l’importance de l’accessibilité du traitement: Nous devons maintenant nous assurer que les couples ont la possibilité de choisir le traitement de prévention et qu’ils y ont accès“.

Selon le Dr Wafaa el-Sadr, professeur de médecine à l’Université Columbia de New York et membre du groupe ayant mené l’essai, celui-ci “sera toujours considéré comme une étude phare qui pourrait bouleverser mondialement le traitement et la prévention du VIH.”

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