Aube dorée : des accointances avec la police révélées

Dans le procès visant 69 membres du Parti néonazi d’Aube dorée, qui compte tout de même 16 sièges au Parlement grec, les preuves s’accumulent. Ses membres sont accusés d’avoir dirigé une organisation criminelle. S’ils sont en effet, souvent connus pour des attaques contre les migrants, il ne faut pas oublier les attaques contre les opposants politiques. L’enquête révèle au passage de larges connivences avec des membres de la police.

Le jugement a débuté en 2015. Il concerne donc Aube dorée, un mouvement créé dans les années 80, qui a été officiellement enregistré en tant que Parti politique en 1993, avant de devenir le troisième Parti du Parlement grec en 2015.

On lui reproche notamment l’assassinat du rappeur antifasciste Pávlos Fýssas le 18 septembre 2013, et le meurtre en janvier 2013 de Shahzad Luqman, un travailleur migrant pakistanais de 27 ans.

Cependant, ce qui transparaît le plus, au fur et à mesure du procès, ce sont les relations entre les membres d’Aube dorée et les forces de l’ordre. Une série d’appels téléphoniques et d’échanges par SMS, a par exemple révélé des liens étroits, et une coordination entre les membres d’Aube dorée et les unités antiterroristes et anti-émeutes autour de l’assassinat de Pávlos Fýssas.

Sotiris Develekos, membre d’Aube Dorée, qui est accusé d’être impliqué dans une récente attaque contre un centre social de gauche au Pirée, est soupçonné d’avoir été en contact pour des informations avec un policier de l’unité antiémeute. Dans un autre appel téléphonique, Sotiris Develekos admet avoir fait disparaître les preuves de l’assassinat de Pávlos Fýssas.

De même, Tasos Pantazis, leader d’Aube dorée dans la banlieue athénienne, se vante d’avoir été averti de l’identité d’un indic par un policier antiterroriste.

Le procès se déroule dans une ambiance assez préoccupante. Si globalement le nombre de crimes, et d’attaques de l’extrême droite a considérablement diminué pendant plusieurs années, la police grecque a recensé l’année dernière une forte augmentation des crimes racistes. Ils ont presque triplé par rapport à 2016.

Il semblerait, qu’Aube dorée, maintenant au Parlement a un peu calmé les actions musclées, pour acquérir plus de respectabilité. Cependant, d’autres groupes d’extrême droite, comme l’organisation Crypteia, jusqu’alors inconnue, ou encore Combat 18 Hellas, avaient repris le flambeau en organisant des attaques contre des squats, des centres sociaux de gauche et Mémoriaux juifs.

Crédit photo : alba.christiansen

 

 

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