La Chine ne veut plus de nos déchets

La Chine, est réputée comme un pays largement pollueur. Cependant, elle vient de nous renvoyer à nos propres contradictions en bloquant l’importation de 24 catégories de déchets. Elle rappelle de fait, que la Chine est la première destination mondiale du recyclage, ce qui nous arrange bien.

Depuis le 1er janvier, Pékin qui avance des motifs écologiques refuse de récupérer des déchets solides, dont certains plastiques, papiers et textiles. La réaction d’Arnaud Brunet, directeur du Bureau international du recyclage (BIR) basé à Bruxelles, est à la mesure de la problématique, il déclare, « c’est un séisme et on a toujours l’onde de choc. Cela a mis notre industrie en situation de stress, car la Chine est tout simplement le premier marché mondial pour l’exportation de matières recyclables ».

En effet, l’Union européenne (UE) exporte, oui exporte, car quand un particulier met un déchet dans une poubelle, il jette, mais quand c’est un Etat qui envoie ses déchets à un autre Etat, il ne jette plus, il exporte. Donc l’UE « exporte la moitié de ses plastiques collectés et triés, dont 85 % vers la Chine.

Du coup, il faut trouver d’autres solutions, et vu les capacités, ce n’est pas chose facile. Au bout du compte, il faut songer à incinérer ou placer en décharge, en attendant une solution.

Celle-ci pourrait venir de nouveaux pays, à qui on pourrait faire profiter du fruit de nos « exportations » l’Inde, la Thaïlande, le Pakistan ou le Cambodge. Cependant, le développement des capacités de traitement ne se décide pas du jour au lendemain, et dans l’immédiat l’accumulation des déchets, notamment en Europe, est qualifiée de « risque majeur » par des spécialistes.

Notons tout de même, que l’interdiction de Pékin pose aussi un épineux problème aux entreprises chinoises du recyclage, extrêmement dépendantes des déchets occidentaux et dont certaines vont devoir se reconvertir.

Au bout du compte, cette décision aux conséquences douloureuses, pourrait servir à mettre au pied du mur tout le monde, et obliger à trouver de vraies solutions, qui passeraient par renforcer les filières de retraitement.

Le mot de la fin et du bon sens pour le commissaire Frans Timmermans, « nous devrions utiliser cette décision pour nous remettre en question et nous demander pourquoi nous, Européens, ne sommes pas capables de recycler nos propres déchets ».

Crédit photo : Michel Delfeld

 

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