Fan de Johnny, à que c’est grave docteur ?

Bonne nouvelle, si devenir fan de Johnny apparaît contagieux, il semblerait que ce ne soit pas très grave. D’ailleurs, être fan dans l’ensemble, ne semble pas être aussi dangereux que ce que l’on a cru pendant longtemps et cela peut se gérer facilement pour éviter les excès.

En ces temps, de « hallydaymania » intense, on peut tout de même rester perplexe devant tous ces reportages faisant apparaître des personnes partagées entre l’adoration existentielle, le fétichisme vestimentaire et matériel, une idolâtrie qui verse dans un désespoir larmoyant sans fin.

Il est temps, de se remémorer les écrits du docteur Clément Guillet, sur les fans de musique populaire, en particulier ceux de Johnny Hallyday. Ce psychiatre, est aussi un vrai spécialiste des fans de musique populaire. C’est à ce sujet, qu’il a consacré en 2010 un master de sociologie mené en parallèle, de ses études de médecine.

Il a écrit notamment, « le phénomène des fans est souvent regardé comme quelque chose de pittoresque. Dans les médias, on montre volontiers des fans-hystériques ou des fans-sosies. Mais en fait, être fan, c’est un facteur social identitaire très fort« .

A ce titre, le cas de Johnny Hallyday, est particulièrement fort en France, car il représente une double identification à priori contradictoire. C’est à la fois une figure presque mystique, mais qui reste très proche, et qui comprend tout.

Par exemple, durant de longues années, être fan de Johnny était associé à être « beauf », ce qui n’est pas complètement négatif. Cela ne vous change pas, mais le fait d’appartenir à un groupe plus grand que soi, permet à chacun d’assumer dans l’espace public ce statut social, même si celui-ci est méprisé ou incompris.

Clément Guillet, insiste sur « une volonté de se conforter dans le regard de ses pairs, mais aussi une volonté de différenciation. Car tout le monde n’est pas fan de la même manière. Il y a les « groupies », les sosies, les « collectionneurs », les experts encyclopédiques. Et chacun a la conviction d’être un fan plus légitime ou authentique que les autres ».

Une vision intellectuelle a longtemps comparé les fans, et les supporters, à des cas atteints d’une pathologie quelconque, et à traiter de manière presque psychiatrique. C’est oublier, que chercher des modèles est quelque chose de très universel et humain. Les fans ont donc longtemps disparu des radars de la sociologie.

On peut bien sûr discuter sur la qualité et le bien-fondé des modèles à suivre et s’inquiéter des exemples et des messages qu’ils véhiculent. Cependant, la tendance actuelle pousse tout de même plus, à la recherche d’une compréhension plus subtile des personnes, qu’aux jugements caricaturaux du mouvement, qui sont justement une caractéristique des « beaufs ».

Clément Guillet fait remarquer, « non, je ne vois pas en consultation des gens qui viennent me voir, car ils sont fans de Johnny« .

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