L’organisation État islamique pourrait s’installer aux Philippines

La reprise des villes comme Mossoul et Raqqa, peut ressembler à la fin de Daech pour certains. Du côté de l’État Islamique, on veut plutôt parler de redéploiement, et à ce titre  les Philippines pourraient bien être son nouveau fief. L’archipel, est certes éloigné du berceau du groupe né au Moyen-Orient, mais les djihadistes y ont déjà contrôlé une ville pendant trois mois, et sa reprise a coûté cher à l’armée philippine.

Historiquement, les Philippines ont déjà été le lieu d’affrontements entre militants islamiques et le gouvernement de Manille. Il est question alors du Front Moro de libération nationale, qui deviendra Front Moro islamique de libération. En 1990, c’est le tour du groupe Abu Sayyaf de faire parler de lui. Il entretient clairement des liens avec Al-Qaïda et d’autres groupes islamistes d’Asie du Sud-Est.

Cependant, ce serait un changement de stratégie pour le Califat (encore un), car à la base L’organisation État islamique n’a pas complètement reconnu les djihadistes philippins comme wilayas, c’est-à-dire comme franchise. La fin justifie les moyens, et il a fallu attendre 2016 lorsque son califat au Moyen-Orient, a commencé à être sérieusement menacé pour voir Daech s’intéresser vraiment aux Philippines.

C’est l’épisode de la prise de Marawi, la plus grande ville de la région autonome du Mindanao, qui a soudé et renforcé les liens. La belle résistance des djihadistes, renforcée par le soutien matériel de Daech, qui leur aurait envoyé près de deux millions de dollars, face à la contre-offensive menée par l’armée philippine, a convaincu que Les Philippines, pourraient devenir un terrain idéal pour l’organisation État islamique.

Il pourrait profiter de situations confuses et tendues classiques, par exemple, celles des musulmans du Sud, avec les chrétiens du nord à prédominance catholique. Plus récemment, la campagne antiterroriste sanglante menée par le gouvernement, qui a fait des dizaines de victimes, a aussi nourri un très fort ressenti. De plus, l’organisation terroriste s’engouffrerait aussi dans un système financier poreux, et des institutions locales faibles qui lui permettraient de mener ses activités et ses trafics sans être trop inquiétée.

Crédit photo : Thierry ehrmann

 

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