Charles Manson, gourou, meurtrier et…musicien

Avec la mort de Charles Manson, on replonge dans l’une des plages les plus sordides des « sixties ». Cette histoire, fait remonter la face sombre d’une période, que suivant l’âge, on imagine, ou dont on se souvient, plutôt gaie, souriante et hélas, dans certains cas insouciante. En effet, Charles Manson ne fut pas seulement, un gourou meurtrier. C’était aussi un artiste, musicien à ses heures, et qui fréquentait de grands noms de la culture populaire de l’époque.

On sait déjà, que l’actrice Sharon Tate, qui fut assassinée par quatre de ses disciples, n’était autre que l’épouse du réalisateur Roman Polanski, qui fera aussi parler de lui dans d’autres affaires. Or, c’est surtout dans le milieu de la musique que Charles Manson s’est aventuré.

Un petit retour en arrière, nous sommes en plein « Summer of Love », le mouvement hippie qui prône les expériences en tous genres et la liberté de création par tous les moyens. Si cette période fut d’une incroyable productivité, et d’un formidable foisonnement en tous genres, elle fut pour le meilleur et pour le pire.

C’est dans cette mouvance, que Charles Manson fut le colocataire de Dennis Wilson, le frère, batteur, de la famille Wilson, autrement dit des « Beach Boys ». Il est vrai, qu’après avoir été les « gendres » parfaits, et vantés les joies du surf, le groupe semblait nettement se tourner vers des horizons nouveaux comme on dit pudiquement. Sous la houlette de Brian Wilson, la musique ainsi que les thèmes devenaient plus complexes, et parfois plus ambigus.

Pour en revenir au futur gourou commanditaire de meurtres, pour l’instant, il écrit une chanson pour le groupe, Cease To Exist, que les Beach Boys ont enregistrée d’ailleurs en 1968. Les paroles ont été légèrement changées, ainsi que le titre. De fait, il fréquente certains artistes comme Neil Young, qui raconte comment ils avaient vu Charles Manson joué de la guitare à de nombreuses reprises. Cependant, les producteurs ne semblent pas intéresser par les talents du futur gourou, dommage, peut-être qu’une carrière artistique, même minime aurait évité le pire.

Le plus terrible, c’est qu’il devra attendre son incarcération pour qu’un certain Phil Kaufman, producteur de disques, lui permette d’enregistrer ses premières chansons, qui paraîtront, en 1970 sur l’album « Lie The Love and Terror Cult ».

En prison, Charles Manson va continuer à composer et enregistrer de nombreux albums notamment Commemoration en 1994, et One Mind en 2005. Il parvenait même à se produire en concert dans la prison où il était incarcéré, San Quentin. Un enregistrement existe d’ailleurs, Live at San Quentin, même si ce « concert » a seulement eu lieu dans sa cellule.

Crédit photo : Spacemilk

 

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