Italie : la pire sécheresse depuis 200 ans

Si le risque de sécheresse a de quoi très sérieusement inquiéter la France, la situation est déjà catastrophique chez nos voisins italiens. Le pays se dirige tout droit vers la pire sécheresse depuis pas moins de 200 ans.

 Tous les fleuves et les lacs de la région du Latium, sont à leurs plus bas niveaux, et le lac de Bracciano, l’un de ses principaux bassins d’approvisionnement ne peut plus jouer son rôle.
La situation touche même la capitale dans laquelle il va falloir avoir recours à des coupures d’eau de 8 heures à tour de rôle dans les quartiers de Rome. Ce rationnement toucherait alors pas moins de 1,5 million d’habitants, à l’exception bien sûr des services d’urgence comme les hôpitaux, et les casernes de pompiers.

 L’étude des conditions atmosphériques fait apparaître un déficit de précipitations de 60 % sur les sept derniers mois par rapport à la normale. Cependant, cette sécheresse met aussi en exergue le mode de vie des Romains particulièrement consommateurs d’eau. Ils consomment 300 litres d’eau par jour, contre une moyenne nationale de 245 litres.

 Le propre des situations dramatiques, et de faire bouger les choses. On s’intéresse par exemple à des situations anormales comme un réseau de distribution, particulièrement déficient, et vétuste avec des pertes s’élevant à 44 % de l’eau acheminée dans la capitale.

 On en arrive même à débloquer des fonds, par exemple, le ministre des Infrastructures prévoit, quant à lui, de débloquer dans les prochaines semaines 294 millions d’euros pour améliorer la sécurité de 101 digues sur l’ensemble du territoire permettant d’économiser 4,5 milliards de mètres cubes d’eau (presque 1/3 des ressources nationales), et de récupérer 1,3 milliard de mètres cubes d’eau. Elle est pour l’instant rationnée dans les 2/3 des champs italiens et la Coldiretti, principal syndicat agricole, évalue pour l’instant à 2 milliards d’euros les pertes subies.

 Comme souvent dans ces crises atmosphériques, ce sont les agriculteurs les premiers touchés. La moitié des régions réclament que soit décrété l’état de calamité naturelle afin de pouvoir prendre des mesures comme suspendre le remboursement de leurs emprunts auprès des banques, et celui de leurs contributions, et d’obtenir l’octroi d’indemnités.

Pour terminer, le ministre de l’Agriculture a déjà demandé à la Commission européenne, sur laquelle d’habitude on vocifère, d’anticiper le versement des fonds de la politique agricole commune, qui augmenteront ainsi de 700 millions d’euros pour être portés à 2,3 milliards d’euros.

 Si la situation ne s’améliore pas, il ne restera plus que l’intervention papale…

Crédit photo : bpmm

 

 

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