Yémen : les belligérants sont les responsables directs de l’épidémie de choléra

Concernant la situation au Yémen, la position et la déclaration du patron des opérations humanitaires de l’ONU, a le mérite d’être clair. Il a tout simplement accusé tous les belligérants au Yémen et leurs soutiens étrangers d’être responsable de l’épidémie de choléra, qui reste entièrement « fabriquée par l’homme ».

En effet, une épidémie de Choléra ne doit rien au hasard. Sa prolifération est le résultat de conditions de vie particulièrement mauvaises comme de fortes concentrations humaines, mais aussi des conditions d’hygiène et d’assainissement de l’eau insuffisantes, aggravée par des circonstances d’insécurité comme des conflits armés, déplacements de réfugiés.

C’est exactement ce qui se passe au Yémen où plus de deux ans de guerre entre les forces progouvernementales soutenues par une coalition arabe conduite par l’Arabie Saoudite, et les rebelles chiites houthistes soutenus par l’Iran, a provoqué l’effondrement des infrastructures médicales et sanitaires au Yémen. Parmi ces infrastructures détruites, on compte un bon nombre de stations de pompage d’eau. De ce fait, les deux tiers de la population n’ont plus accès à l’eau potable, estiment les Nations unies.

« Ce scandale du choléra est entièrement fabriqué par l’homme par les parties en conflit et ceux qui, hors des frontières du Yémen dirigent, approvisionnent, combattent et perpétuent la crainte et les combats« , a déclaré Stephen O’Brien devant le Conseil de sécurité des Nations Unies.
La crise humanitaire « est le résultat direct du conflit et de graves infractions au droit international« , a-t-il poursuivi.

Néanmoins, le plus terrible, c’est que cette épidémie de choléra masque et vient s’ajouter à une pénurie alimentaire qui touche 17 millions de personnes, c’est-à-dire, deux tiers de la population dont près de 7 millions sont proches de la famine, dans un pays très dépendant de l’importation de nourriture.

 Jamie McGoldrick, coordinateur des affaires humanitaires de l’ONU pour le Yémen a fait d’ailleurs remarquer lors d’un point-presse à Sanaa, la capitale que « les organisations humanitaires ont dû diriger leurs ressources programmées à la lutte contre la malnutrition vers la lutte contre le choléra ».

Cette prise de position nette, sans parti-pris se veut un appel au secours pour les populations civiles, qui restent les seuls réels perdants de cette tragédie. Stephen O’Brien a lancé un appel pour récolter 250 millions de dollars pour faire face à la crise du choléra. Il rappelle, que seulement 47 millions de dollars sont parvenus.

Il a aussi pressé les membres du Conseil à prendre les mesures nécessaires pour que les fonctionnaires soient payés, afin que les établissements de santé rouvrent leurs portes.

 

Crédit photo : Rod Waddington

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