En Italie : la plage où règne « ordre, propreté et discipline »

Voilà un monsieur qui n’a pas peur d’afficher ses prétentions et ses orientations politiques. Un reportage du journal « La Républica » défraye la chronique en présentant une plage où le gérant est un nostalgique du Duce. Il fait d’ailleurs régner sur sa plage ce qu’il appelle l’ordre fasciste. Le reportage a déclenché une intervention de la police.

Une chose est sûre, on n’est pas pris à l’improviste quand on arrive sur les lieux, car le panneau d’entrée de la plage de « Punta canna » est explicite. Il indique, que l’on entend bien faire régner sur cette plage l’ordre, la propreté et la discipline. De plus, il est précisé que l’on rentre dans une « zone antidémocratique et sous régime fasciste. Ne nous cassez pas les c… ».

A l’intérieur, on est comme qui dirait, pas vraiment déçu. En déambulant le long des diverses allées, on trouve des affiches à la gloire de Mussolini, des images de saluts nazis. D’autres panneaux préviennent, « Service réservé aux clients, sinon…matraque sur les dents », ou encore interdisent l’accès à une cabine au moyen de la mention « chambres à gaz ».

La clientèle se fond dans ce charmant décor. On y retrouve peu de cheveux longs ou de personnes trop naturellement bronzées. Ce sont plutôt des jeunes gens athlétiques arborant de charmants tatouages comme des symboles runiques, des aigles et des croix celtiques. Les commentaires et les discussions, sont sans nuance et elles sont aussi empreintes d’ordre de discipline et de propreté.

On peut aussi entendre des messages diffusés par haut-parleur indiquant par exemple, « les gens mal élevés me dégoûtent, les gens sales me dégoûtent, la démocratie me dégoûte. Je suis favorable au régime fasciste, mais ne pouvant l’appliquer hors de chez moi, je l’applique chez moi ».

Le reportage a bien sûr fait réagir, et l’ANPI Association nationale des résistants italiens, a demandé que la licence d’exploitation soit retirée à Gianni Scarpa. De son côté, le préfet de Venise a ordonné « le retrait immédiat de toute référence au fascisme ».

Il faut noter, que la nostalgie envers le « duce » en Italie reste vivace. Chaque année, pour l’anniversaire de la prise du pouvoir de Mussolini, le 28 octobre 1922, le nombre de « pèlerins » du Duce ne cesse de croître, sur la tombe du dictateur à Predappio dans le nord-est de l’Italie.

Crédit photo : disaster.strikes

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