Procès de Bernard Sainz, le docteur Mabuse du cyclisme

Le cyclisme fait la une de l’actualité en ce mois de juillet, et pas toujours dans la rubrique sport. En effet, paradoxalement, c’est en plein tour de France qu’a débuté le procès de l’homme qui représente à lui tout seul, les dérives du dopage dans le monde de la petite reine. Il s’agit de Bernard Sainz, alias docteur Mabuse. Il n’est pas le seul à la barre puisqu’il est au milieu de neuf autres prévenus.

Pour sa part, dans ce procès en correctionnelle, qui se passe à Caen, Joséphine Lecardeur, vice-procureur de la République, a requis six ans de prison ferme et 20 000 euros d’amende.

 Ce n’est pas une injure de le surnommer ainsi, car Bernard Sainz lui-même utilisait ce surnom pour signer certaines de ses prescriptions. Bernard Sainz a maintenant 73 ans, et il a occupé durant sa carrière les postes, d’entraîneur, de mentor et de docteur pour les coureurs. Disons tout net, il est tout sauf médecin, et il a même été condamné par le passé pour exercice illégal de la médecine. A peine, peut-on lui accorder une casquette de praticien homéopathe.

 Au-delà des pratiques, faire le procès de Bernard Sainz, c’est surtout se plonger dans les méandres du sport de haute compétition. S’il s’agit du cyclisme, en la circonstance, on peut facilement imaginer une transposition dans d’autres sports. Les athlètes sont pour beaucoup, réduits à des possibilités de gains, des possibles « retours sur investissement » qui ne doivent pas échouer. C’est tout un monde parallèle, particulièrement glauque, qui se dévoile, car il est composé de personnes peu recommandables au passé et aux pratiques troubles.

 Le procès en cours concerne plus particulièrement le monde amateur. En effet, parmi les prévenus, on retrouve Fabien Taillefer, vainqueur en 2007 de Paris-Roubaix juniors, qui a avoué durant l’enquête, s’être dopé à l’époque des faits.

 Tout ce joli petit monde peut témoigner que les pratiques n’étaient pas des cas « isolés » et surtout, qu’elles étaient devenues courantes et qu’elles pouvaient débuter très jeune chez les coureurs de tous les niveaux, y compris amateur. Il s’agit aussi de faire parler ceux qui n’ont pas osé à l’époque comme le père de fabien taillefer. Fabrice Taillefer, ex-coureur et prévenu lui aussi, pour la prise d’hormones de croissance explique pourquoi il n’a pas dénoncé Sainz dès le début de l’enquête, « je ne savais pas si je referais du vélo. Beaucoup de présidents de clubs connaissent Sainz. C’est la même génération. Si on parle sur Sainz, on est grillé ».

 On ne saurait réduire la pratique du « dopage » à Bernard Sainz. Néanmoins, il en est tout au plus, le plus terrible exemple, et une des pierres angulaires, car n’oublions pas qu’il s’est occupé durant sa « carrière » de coureur comme, Bernard Hinault, Laurent Fignon, Richard Virenque, et même notre très populaire Raymond Poulidor entre autres.

Crédit photo : pcos57

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