Louis Nicollin n’est pas mort, il a pris la présidence du « Paradis Football Club »

Le propriétaire et patron du Montpellier Hérault Sport Club Louis Nicollin est mort, il ne pouvait pas se résoudre, avec l’âge, à devoir se calmer, et ne plus rugir comme il aurait voulu. Le football français, a perdu une figure, un président « haut en couleur » comme on dit pour mieux faire passer les outrances, que la passion du football parfois ne suffit pas à expliquer. Néanmoins, « Loulou » c’était avant tout, un homme d’affaires redoutable, sachant être plus subtil, et malin qu’il le laissait apparaître.

Parlons-en de l’homme d’affaires, qui peut s’enorgueillir d’une belle réussite ? Né en 1943 à Valence dans la Drôme, il arrive à Montpellier en 1967, pour travailler dans la société familiale, spécialisée dans le nettoyage, le ramassage et le retraitement des déchets. Il en prend les rênes en 1977, à la mort de son père. Il fait progresser le groupe Nicollin jusqu’à un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros, et compte 4 500 salariés répartis sur toute la France.

Cependant, médiatiquement, Loulou, c’est avant tout le président du MHSC. Il prend la tête du club, alors que celui-ci évolue au niveau amateur, en division d’honneur. Le club va devenir tout d’abord le club phare de la région en détrônant le voisin, c’est-à-dire le bon vieux Nîmes Olympique, et arriver jusqu’au titre de champion de France en 2012.
Pour cela, il s’appuiera sur d’anciens « crocodiles » tout aussi « fort en gueule », comme son bras droit Michel Mézy, ou René Girard, mais aussi des joueurs comme Laurent Blanc, Éric Cantona et le lent, mais efficace meneur de jeu, le Colombien Carlos Valderrama.

Louis Nicollin, faisait partie de ce style de dirigeant clanique, qui gère son club en suivant ses humeurs et sa passion. Mélange d’intuition géniale et d’amateurisme à tous les étages, c’est à la fois ce qui fait la force d’un club de ce style, mais aussi, ce qui en détermine les limites.

Au-delà, des moyens mis en œuvre, nous sommes loin des calculs précis et méthodiques des clubs modernes, qui voient dans un club de foot, tout d’abord une entreprise. Ils déterminent des politiques de recrutement, de merchandising et de développement redoutable, qui ne laisse que peu de place à l’intuition, et qui s’avère d’une efficacité sans égale.

Face à cela, tous les « Loulou » de la terre, ne nous feront certainement pas gagner de titre, mais nous aurons bien régalé.

Crédit photo :avalaisure

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