Un rapport met en garde sur les huiles minérales contenues dans certains cartons d’emballage

L’agence de sécurité alimentaire (Anses) sonne le tocsin pour prévenir les consommateurs des risques concernant certains cartons d’emballage, qui contiendraient des huiles minérales pouvant être retrouvées dans les denrées. L’agence souligne surtout, qu’on ne sache pas grand-chose sur le sujet.

C’est ce que l’on pourrait appeler le principe de précaution, que met en avant l’Anses dans son rapport à propos de la contamination des aliments par les huiles minérales présentes dans les emballages en papier et carton recyclé. Pour l’agence, on avance dans un flou qui pourrait s’avérer dangereux. En effet, les connaissances sur la toxicité et l’exposition des consommateurs à ces mélanges complexes issus du pétrole brut sont trop succinctes et incomplètes.

Le rapport s’intéresse surtout à deux types d’huiles, les MOAH (hydrocarbures aromatiques d’huile minérale) et les MOSH (hydrocarbures saturés d’huile minérale). Il a été démontré, que certains MOAH peuvent être cancérogènes ou mutagènes. A l’heure actuelle, on connaît mal la composition de certaines de ces molécules, et on manque de données sur la contamination réelle des aliments.

Tout tourne autour de ce fameux manque de recherche et d’étude précises sur le sujet. Il apparaît donc indispensable dans un premier temps de « réduire la contamination » des aliments. Pour cela, il faut limiter le recours à ces huiles dans les procédés de recyclage, comme dans la fabrication des encres, et colles utilisées pour imprimer du papier destiné à avoir une deuxième vie sous forme d’emballage. D’autre part, il faut placer des « barrières permettant de limiter la migration », conseille l’Anses, au moyen de sachets plastiques ou de revêtements appliqués à l’intérieur du carton d’emballage.

Cependant, on arrive à une situation paradoxale, comme le fait remarquer André Picot, toxico-chimiste et expert auprès de la Commission européenne. Les fameux plastiques, cités par l’Anses, sont eux aussi sujets à caution. Par exemple, pour fabriquer des téréphtalates, on utilise de l’oxyde d’antimoine, qui est un perturbateur endocrinien. De plus, les acrylates relâchent de petites molécules allergisantes.

On est donc loin d’une solution parfaite, surtout que les professionnels du secteur ne sont pas particulièrement motivés pour faire évoluer la situation, et ils font tout pour que personnes ne poussent les recherches plus loin.

Crédit photo : Chesnot Jérôme

 

 

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