Faite attention à la « maladie du soda » !
Les problèmes médicaux du journaliste sportif Pierre Mènes ont mis sur le devant de la scène une maladie relativement peu connue de tous, la cirrhose Nash (« Non Alcoolic Steato Hepatitis »). En français, on dira la stéatose hépatique non-alcoolique, ou plus communément surnommée « maladie du soda » ou du « foie gras humain », elle concernerait entre 25 et 30 % de la population.
Cette maladie, est causée par une surcharge du foie en graisse. Elle est le résultat d’une consommation excessive de boissons sucrées, de graisses ou de sucres. Le foie ne parvient plus, au bout de quelques années, à éliminer une surcharge de graisse. L’organe stocke alors les acides gras, provoquant une inflammation qui peut entraîner une fibrose (formation de tissu cicatriciel) pouvant évoluer en cirrhose voire en cancer.
Le Pr Lawrence Serfaty, hépatologue à l’hôpital Saint-Antoine explique, que « nous avons plein d’exemples de patients qui ne boivent pas une goutte d’alcool, n’ont jamais eu d’hépatite virale, et se voient diagnostiquer une cirrhose avec pour seul facteur de risque, le fait qu’ils boivent plusieurs sodas par jour ».
Il semblerait que suivant cette étude, la consommation de boissons dites « light » épargnerait d’une augmentation du risque de développer une « maladie du foie gras ». Néanmoins, de nombreux scientifiques pensent que les édulcorants artificiels provoquent les mêmes mécanismes que les « vrais » sucres.
Une des grandes difficultés dans le traitement de cette maladie, est qu’elle ne présente aucun symptôme. Lorsque des signes de fatigue apparaissent, il est souvent trop tard. Les médecins peuvent être alertés par des anomalies dans le bilan hépatique, dans ce cas, seule une biopsie (prélèvement d’une petite partie de l’organe) permet d’établir un diagnostic.
Même si les sociétés de biotechnologie sont de plus en plus nombreuses à mener des recherches afin de trouver un remède, jusqu’à présent les médecins ne disposent d’aucun traitement pour soigner ce type de cirrhose. La meilleure solution reste donc une perte de poids de 8 à 10 %, ce qui permet d’améliorer la fonction hépatique et de réduire le risque cardiovasculaire grâce à un régime hypocalorique (pauvre en sucre à absorption rapide et lente) et la pratique régulière d’une activité physique.
Vous pouvez aussi, d’un mouvement de droite à gauche avec la tête, quand on vous propose un soda, avec ces paroles magiques « non, merci ».
D’ici 2020, la maladie pourrait devenir la première cause de greffes du foie, devant l’hépatite C.

Crédit photo : Mickaël Del Colle

 

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