La Moldavie se rapproche de son voisin russe
La Moldavie est en train de prendre un virage, ce dimanche, cette ex-république soviétique a élu Igor Dodon, un candidat pro-russe comme nouveau président. Cela devrait mettre fin à deux ans de tensions avec le voisin russe, mais aussi « éloigné » le pays de l’influence de l’Union européenne.
Le Kremlin a réagi tout de suite, en appelant à une “normalisation” des relations avec le pays. Pendant ce temps-là, la rivale pro-européenne du futur président, Maia Sandu a rejeté les résultats du scrutin et dénoncé des fraudes. Cependant, le responsable de la délégation de l’OSCE, Geir Joergen Bekkevold, n’a pas noté d’anomalies graves et concède, que tout s’est déroulé selon les règles démocratiques. “Le pays, a mené cette élection de manière compétente et vigilante”, a-t-il affirmé.
Cette nouvelle orientation de l’un des plus pauvres d’Europe, fait suite à une grave crise, qui dure depuis deux ans. Cette crise politique, est la conséquence d’un énorme scandale mêlant corruption et blanchiment d’argent. Ce scandale a pris pour nom « le vol du siècle ». En 2015, le gouvernement a confirmé qu’un milliard de dollars avait disparu de trois grands établissements financiers en deux jours. Cette somme représente l’équivalent de 13 % du produit intérieur brut (PIB). Les conséquences sont terribles pour le pays, la monnaie (le leu) perd 30 % de sa valeur en quelques mois. Cela provoque une inflation sur des produits alimentaires largement importés, suivi par une hausse des tarifs de l’énergie et des loyers, que les propriétaires fixent en euros, comme dans beaucoup de pays d’Europe centrale et orientale.
Le symbole de cette corruption, c’est le magnat des médias (encore un), l’oligarque Vladimir Plahotniuc. Celui-ci, a fait officiellement son entrée dans le monde politique en 2010, en « achetant » le Parti démocrate de Moldavie (PDM), qui est le principal Parti de la coalition pro-occidentale au pouvoir.
Bien sûr, cela a terni l’image de l’Union européenne, et renforcé celle d’Igor Dodon, cet ancien communiste qui déclare, « je ne suis ni pro-russe ni pro-occidental, je suis pro-moldave » tout en posant avec M. Vladimir Poutine sur des affiches électorales il y a à peine deux ans.
Il est à noter, que coup sur coup, La Moldavie et La Bulgarie ont opté pour des candidats socialistes russophiles, et écarté les pros-Union européenne, avec en arrière-fond, des slogans anti-corruption et un désir de changement.

Crédit photo :  Le Gluon

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