École : la fin du tableau noir
Les nostalgiques vont peut-être verser une larme, les anciens « cancres » diront, « c’est bien fait ». Il faut se faire à l’idée qu’en une décennie, le tableau noir est devenu blanc, et il doit aussi dès à présent s’adapter aux usages numériques.
L’évolution, ou comme dirait certain « le grand remplacement » a commencé il y a 25 ans, lorsque les feutres ont définitivement supplanté la craie. Si on regarde bien, malgré un aspect contraire, les deux tableaux sont similaires. Ils sont composés d’une plaque d’acier (pour la rigidité de la structure), d’une couche intérieure de bois aggloméré, et d’une plaque d’acier émaillé « inaltérable ». Seule, change la température de cuisson, de cette « surface à écrire ».
Pourtant, l’utilisation du tableau blanc est plus étendue, car on peut y projeter des images et les feutres effaçables sont moins salissants. Le tableau noir est souvent relégué au rang d’accessoire sur des tableaux à plusieurs volets, il garde cependant encore une valeur symbolique, et reste pour certains enseignants, le véritable tableau d’école.
En France, c’est la société Ulmann qui est la spécialiste des tableaux scolaires. Cette vieille entreprise, établie depuis 1873 à Saint-Valérien (Yonne), détient près de 55 % du marché. « Quand j’ai pris la direction de l’entreprise, en 2001, le traditionnel tableau noir représentait 40 % de la production, il ne dépasse pas les 10 %, aujourd’hui », explique Emmanuel Dubois, PDG de cette PME de 58 salariés, au chiffre d’affaires de 10 millions d’euros.
À présent, Ulmann comme tout le monde, innove avec la production de tableaux incurvés, qui offrent une meilleure visibilité. Elle distribue un tableau blanc interactif, qui permet d’éditer des documents, une fois connecté à un ordinateur.
Modernité oblige, Ulmann s’est lancé aussi dans la commercialisation du tableau Clevertouch, avec son ordinateur intégré, produit en Chine par le Britannique Sahara. Un marché qui a conquis les écoles britanniques, mais concerne, en France, essentiellement des centres de formation privés.
Bon alors fini les instituteurs, voilà les professeurs des écoles, fini le tableau noir et voici le tableau blanc, il ne reste plus qu’à changer les élèves.

Crédit photo : Luu Lan

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