Football Français : la guerre à tous les étages

C’est toujours une très bonne ambiance à la Ligue de football professionnel (LFP). L’assemblée générale, qui devait élire son président, et surtout son nouveau gouvernement (conseil d’administration) n’a pas pu se tenir mercredi, faute de quorum minimum. Elle a été repoussée au 11 novembre. En toile de fond, l’éternelle rivalité entre le club des puissants et les autres.

Le plus important dans cette élection, ce n’est pas tant, qui va devenir président, mais plus qui va siéger au conseil d’administration. C’est en effet là où siègent les personnes influentes du foot français, comme Nasser Al-Khelaïfi, président du PSG, ou encore Jean-Michel Aulas, le patron de Lyon. Le problème, c’est qu’ils sont 14 dirigeants de L1 pour 8 postes au sein du CA.

« Les clubs de L1 n’ont pas réussi à se mettre d’accord entre eux sur leurs candidats à l’assemblée générale », explique Didier Quillot le patron exécutif de l’instance.

« N’ayant pas réussi à se mettre d’accord, ils ont décidé de saborder, le vote de l’assemblée générale, ils ont préféré ne pas émarger sur la feuille de présence et provoquer un défaut de quorum et donc un report de l’AG« , rajoute Bertrand Desplat, président de Gingamp (L1) et qui parlait mercredi au nom des clubs qui avaient, eux, émargé.

Les clubs de L1, qui ont joué la politique de la chaise vide sont ceux qui jouent ou aspirent à jouer les premiers rôles.

On retrouve une cassure très nette entre deux camps et deux syndicats. D’une part, les absentéistes se retrouvent chez les représentants de la L1 (Première Ligue). D’autre part, on retrouve chez ceux qui voulaient voter, l’ensemble de la L2 (UCPF), ainsi que des clubs de l’élite qui font souvent l’ascenseur avec l’étage inférieur comme Guingamp, Dijon, Nancy, ou encore Metz.

Comme à son habitude, Jean-Michel Aulas, de l’OL a pris la parole rapidement pour expliquer, « dans le foot français il y a un pouvoir économique qui est différent du pouvoir démocratique, on a quelque part une onzaine de clubs qui représente 95 % du chiffre d’affaires de l’ensemble du foot, et ces responsables de clubs ont souhaité être entendus sur une proposition de vote. Cette proposition avait été acceptée par l’UCPF, ça n’a pas été respecté, ce qui a engendré cette situation« .

C’est d’ailleurs la présence du président lyonnais dans la liste du syndicat Première Ligue qui poserait justement problème. « On a l’impression que c’est dirigé contre Aulas, qu’ils ont une dent contre lui et qu’ils veulent l’avoir« , explique à la radio un président présent à l’AG.

Sous l’égide de la LFP, les clubs de L1 vont se réunir à partir du 19 octobre pour tenter de se mettre d’accord en vue d’une nouvelle AG convoquée le 11 novembre. « C’est parce qu’il y a un match France-Suède ce jour-là ainsi qu’une assemblée fédérale« . « On fait ça pour des raisons logistiques, pour ne pas faire monter les gens deux fois à Paris », a conclu Didier Quillot. « Ils feront l’Assemblée du foot pro et l’Assemblée fédérale le même jour. »

Inutile de leur rappeler que le 11 novembre, c’est aussi le jour de l’armistice.

Crédit photo : naillco

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