Dans l’optique des présidentielles, le Medef fait part de ses demandes

C’est la rentrée, et surtout, c’est bientôt les présidentielles. Le Medef (syndicat des patrons), en bon élève bien studieux, et surtout très exigeant, vient de faire part des réformes qu’il souhaiterait voir lancées par le futur président de la République.

On s’en serait douté, le Medef veut moins de charges et d’impôts sur les sociétés. Les patrons veulent aller plus loin que le Pacte de responsabilité et le CICE déjà mis en place. Le Medef souhaite donc, que le gouvernement poursuive le mouvement et procède à une nouvelle baisse des charges à hauteur de 90 milliards d’euros.

En conséquence, pour compenser ce manque à gagner pour l’État, il faut une baisse des dépenses publiques de 90 milliards d’euros, cela représente 20 % des dépenses. L’État devrait alors réaliser des économies pour un montant équivalent en réduisant notamment le nombre de fonctionnaires et différentes prestations.

La « hantise » du Medef, ce sont les fameuses « 35 heures » avec lesquelles, il veut en finir une bonne fois pour toute. A la base, la loi « Travail » de Myriam El Khomri allait dans ce sens, mais son évolution qui a tenu compte de la résistance de la majorité, et des syndicats ont déplu au syndicat patronal.

Dans le collimateur du Medef, le compte pénibilité, censé prendre en compte la dureté du travail dans le déroulé des carrières, et l’âge de départ à la retraite. Le Medef a pourtant signé l’accord pour ce dispositif. Cependant, le syndicat joue la montre en mettant en avant, que sa mise en place se heurte à la difficulté de mesurer la pénibilité d’une tâche ou d’un poste. Le Medef refuse de l’appliquer et espère qu’un changement de président permette d’annuler cette réforme.

En face de ces exigences, c’est pour la énième fois les mêmes promesses. Ces mesures devraient permettre aux entreprises de créer des emplois. Pierre Gattaz a évoqué deux millions de créations d’emplois en cinq ans. Pour rappel, le même Pierre Gattaz avait promis un  million d’emplois en cinq ans en échange du Pacte de responsabilité, un objectif jamais atteint. L’an dernier, les entreprises françaises ont créé 150 000 emplois, selon une estimation du Medef.

Pierre Gattaz et le Medef continuent à lorgner très fortement les résultats économiques de nos voisins comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni. Ils envient le dialogue social à l’intérieur des entreprises du premier et les libertés économiques du second. Cependant, il a perçu au cours de ce quinquennat une évolution idéologique majeure pour la gauche à travers, ce qu’il appelle la prise en compte du rôle fondamental de l’entreprise, et l’importance d’une politique de l’offre.

Avec une droite qui reste fidèle à elle-même, une gauche qui n’en est plus vraiment une et peut-être l’arrivée d’Emmanuel Macron dans le jeu des présidentielles. Le Medef se sent le vent poupe et la possibilité d’un vrai bon coup à jouer.

Crédit photo : Yann Gourvennec

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