Erdogan et Poutine : la réconciliation

Ainsi va la diplomatie, qui fait des ennemis d’hier, des amis de demain. Vladimir Poutine recevait Recep Tayyip Erdogan ce mardi à Saint-Pétersbourg afin de renouer le dialogue, après des mois de crise diplomatique, suite au crash d’un bombardier russe, causé par la Turquie.

C’est la première sortie de l’homme fort d’Ankara, depuis le putsch raté du 15 juillet. Elle doit constituer, ce qui est considéré comme une « nouvelle étape » dans ses relations avec Vladimir Poutine, après des mois de froid diplomatique avec Moscou.

D’un côté comme de l’autre, on se félicite, « nos pays sont des acteurs clés dans la région et ils ont beaucoup de choses à faire ensemble« , a annoncé Recep Tayyip Erdogan dans une interview à des médias publics russes. “Nous avons survécu à des moments très difficiles dans les relations entre nos deux États, mais nous partageons la volonté de surmonter ces difficultés pour les intérêts de nos citoyens”, a dit Vladimir Poutine.

Les résultats du rétablissement du dialogue entre les deux pays sont d’abord économiques. Moscou a mis fin aux sanctions économiques, et dans le domaine touristique. De même, on devrait réactiver le projet de gazoduc TurkStream, qui devait acheminer 31,5 milliards de m3 par an, en Turquie via la mer Noire, et la centrale nucléaire d’Akkuyu.

Ce rapprochement, s’effectue surtout un fond de détérioration des relations entre l’UE, les États-Unis et la Turquie. On connaît déjà l’aversion de Poutine pour l’Occident. Le leader Turc, pour sa part, reproche aux Occidentaux, un manque de soutien durant le coup d’État raté. Vladimir Poutine, de son côté, a été l’un des premiers dirigeants étrangers à l’appeler pour condamner le coup de force. Il n’a, de plus, fait aucun commentaire  sur la répression qui s’en est suivi.

Reste la délicate question syrienne sur laquelle les positions divergent. Le président Turc veut le départ du pouvoir du Syrien Bachar al-Assad, Moscou s’y oppose fermement. Cependant, Recep Tayyip Erdogan explique que « ce problème devait être réglé à l’aide des mesures communes prises par la Russie et la Turquie« .

Il est dommage, que ces deux hommes forts, ne fassent pas preuve d’autant de pragmatisme, d’esprit de compréhension, d’écoute, voir de volte-face quand il s’agit de politique intérieure. Ils pourraient en faire de même, au sein de leur propre pays, quand il s’agit de la prise en compte des oppositions à leur pouvoir personnel.

Crédit photo : elisavarso

 

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