Iran : la guerre économique entre les puissances occidentales

L’Iran sort peu à peu de l’embargo, et redevient fréquentable. Toutes les grandes entreprises françaises veulent conquérir le marché iranien. Bien sûr, elles ne sont pas les seules, et la concurrence est rude avec les autres pays. Tous les coups sont permis, et l’on trouve même une étrange ONG américaine qui cherche à les en empêcher.

On connaît l’espionnage, les diffusions de fausses informations, l’intimidation. L’arme secrète des Américains, s’appelle UANI, qui se positionne en ONG indépendante, censée dispenser la bonne parole, et rappeler à tout le monde que l’Iran soutient le terrorisme, opprime son peuple, et reste en proie à un commerce illicite et divers trafics.

La United Against Nuclear Iran (Unis contre l’Iran nucléarisé), est en fait un groupe de pression qui comprend dans ses rangs Mark D. Wallace, ancien ambassadeur à l’ONU sous l’administration de George W. Bush, Jim Woolsey, ex-directeur de la CIA, ou plein d’autres responsables politiques américains de premier plan.

UANI évoque des arguments moraux, pour dissuader les Européens à faire trop de commerce avec un pays censé être peu fréquentable. Cependant, si les arguments sont légitimes, le but est beaucoup moins moral et désengagé. « L’argument de la géopolitique est un écran de fumée, il s’agit de compétition sauvage pour des parts de marché ! Dans ce domaine, les États-Unis sont forts, et l’Europe particulièrement naïve » déplore un haut fonctionnaire qui travaille sur le dossier  des Américains, pour se réserver le gigantesque marché de l’Iran.

En effet, l’indignation de UANI est très sélective, par exemple, elle est particulièrement virulente lorsque Airbus négocie un accord pour la vente d’une centaine d’avions (pour un montant de 24 Mds€), mais « oubli » de dénoncer une énorme commande d’Iran Air à Boeing. De même pour PSA, alors que dans le même temps General Motors a ouvert une filiale en Azerbaïdjan  pour exporter des voitures vers l’Iran.

Comme si cela ne suffit pas, Total, Airbus, PSA, etc…ont aussi reçu une pléiade de courrier, les avertissant que si elles poursuivent leurs projets, UANI leur promet des poursuites judiciaires, et des difficultés pour accéder aux marchés publics américains.

Il n’est pas sûr, que ces pratiques immorales, apportent une belle vision de nos démocraties censées être supérieure au régime en place en Iran.

Crédit photo : Mohammadali F.

 

 

 

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