Derrière un champion se cachent des parents

Devenir un champion n’est pas chose facile, et la gestion de la vie de ses enfants « talentueux » n’est pas une chose aisée non plus. Nombreux, sont les écueils d’un style de vie pas toujours facile à maîtriser si on veut garder les pieds sur terre. Le rôle des parents, et de la famille reste souvent essentiel.

La famille doit proposer un soutien, une présence diffuse, mais importante au moment où les enfants vont entrer dans un style de vie particulier fait de contraintes, comme la charge d’entraînement, une stricte hygiène de vie, relatif enfermement dans un cadre strict. Les espoirs du sport de haut niveau sont regroupés dans des institutions (Insep, pôles sportifs…), où certains repaires se perdent. La famille doit être le lieu où l’on retrouve une situation équilibrée, avec un retour à un positionnement plus classique, et propice à un « retour à la normale » en reprenant un peu une situation d’enfants en tant que « fils de..

Hélas, ce n’est pas toujours le cas, et l’on assiste à des dérapages comme, le surentraînement du jeune à la maison qui peut aller jusqu’à la maltraitance. L’implication de la famille, qui veut s’approprier sa réussite, pour se valoriser, gagner de l’argent ou compenser ce que l’un des deux parents n’a pu lui-même réaliser, c’est le « syndrome de réussite par procuration ». Plus sournois, l’amour parental peut être conditionné par les succès sportifs de l’enfant. On entend alors le fameux « tu dois réussir sinon tu nous déçois ».

Apparaît aussi, le difficile partage de l’influence entre les parents et le ou les entraineurs. Tout cela sur fond de crainte d’abus d’autorité, et de protection des mineurs. Que dire, quand les parents deviennent eux-mêmes entraîneurs de leur propre enfant. Toujours dans un esprit d’équilibre, un enfant champion doit pouvoir trouver au sein de sa famille un lieu qui tempère à la fois les euphories de la victoire, et les effondrements après la défaite.

Sophie Huguet est une professionnelle de la question, en cas de défaite, elle conseille de l’amener à relativiser sa défaite, ce qui fait partie de la compétition. Elle explique aussi, que souvent, les parents ont eux aussi du mal à gérer la défaite ou l’échec de leur progéniture. Poser la question, « tu as gagné » dévoile un certain rapport à la performance. Ils disent, “ce n’est pas grave”, mais ils ne parlent pas sur le chemin du retour, et leur visage, leur comportement trahissent leur déception ».

Il faut aussi savoir accompagner les victoires. Les entraîneurs ou les coachs, sont souvent plus préparés à gérer l’échec que la victoire. « Les parents quant à eux, doivent pondérer les résultats et surtout ne pas les surinvestir. Une victoire mal gérée peut compromettre l’avenir d’un champion ».

« Il n’existe pas de formation, pour devenir parents de champions », reconnaît Sophie Huguet, préparateur mental, fondatrice du blog de la psychologie du sport.

Crédit photo :  FFTT Communication

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