Les prévisions inquiétantes du patron de la DGSI

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Patrick Calvar ne s’est pas montré très rassurant, et dans son audition devant la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015, il a évoqué « une confrontation entre l’ultra droite et le monde musulman« . Il apparaît très inquiet par la montée, qui semble inéluctable des extrémismes.

En même temps, il n’est pas là pour être optimiste, et son boulot est plutôt d’envisager le pire. Il évoque donc la montée en puissance du groupe djihadiste, État islamique (ou Daech) qui pourrait utiliser des véhicules piégés, et même « ils vont finir par projeter des commandos dont la mission consistera à organiser des campagnes terroristes sans nécessairement aller à l’assaut avec la mort à la clef », selon le patron du renseignement. La montée en puissance est motivée, car « ils ont bien vu les effets provoqués par une opération massive« . Cependant, il estime que le combat contre le terrorisme peut être gagné, et cela l’amène à une inquiétude plus grande, qui réside dans « la radicalisation de la société et du mouvement de fond qui l’entraîne« . Il est rejoint en cela par les autres services européens.

Il évoque une terrible éventualité « vous aurez une confrontation entre l’ultra droite et le monde musulman, pas les islamistes, mais bien le monde musulman« . Devant la commission de la Défense nationale de l’Assemblée nationale, le patron de la DGSI avait tenu des propos similaires le 10 mai, il avait alors carrément évoqué un risque de « guerre civile » en France et il insiste pour agir contre les groupes qui voudraient profiter pour attiser les affrontements intercommunautaires et les bloquer avant qu’ils ne prennent trop d’importance.

Dans la difficulté pour lutter contre le terrorisme, Patrick Calvar pointe les limites du contrôle judiciaire, le chiffrement et les faux papiers. « Il est nécessaire de prévoir des mesures de contrôle judiciaire qui soient très fortes et appliquées à la lettre« , malgré les réticences des droits de la défense des usagers.
Il insiste sur une meilleure prise en compte du problème du chiffrement, de la multiplication des moyens de communication », aux masses de données recueillies. « Le renseignement technique est aujourd’hui un enjeu majeur« .

Reste les faux papiers, Patrick Calvar a estimé que « les identités n’ont de nos jours plus grande signification du fait des contrôles aléatoires et des possibilités de falsification grandissantes« . « Faire des contrôles d’identité n’a plus aucun sens« , il préconise « d’introduire systématiquement des éléments de biométrie, incluant la possibilité de croisement des fichiers« .

Crédit photo :  Actusecours

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