Et le « Petit journal » grossit, grossit, grossit…avant d’éclater

Tout un pan de ce que l’on a appelé, « l’esprit Canal » qui vient de tirer sa révérence. Ce jeudi, c’était la dernière émission du « Petit journal » avec Yann Barthès aux manettes et Laurent Bon à la production. Les deux hommes vont se retrouver sur TF1 et TMC à compter de la rentrée. Ce fut une aventure de douze ans qui s’arrête avec la reprise en main de la chaîne par Vincent Bolloré, de multiples changements et une baisse des audiences des émissions en clair programmées en début de soirée.

A la base, ce n’est qu’une simple chronique de quelques secondes, avec la voix off de Yann Barthès, au début du « Grand Journal » de Michel Denisot en 2004. Yann Barthès, apparaît à l’écran en 2007. Ariane Massenet, ancienne chroniqueuse du “Grand Journal » se rappelle « Yann était flippé à l’idée de passer de l’autre côté de l’écran et Laurent a réussi à le persuader. Dès le premier essai, c’est devenu une évidence. Le Petit Journal a totalement dynamisé l’émission« .

En adoptant un ton résolument décalé pour le décryptage des discours, et des petites phrases des hommes politiques ainsi que de leurs dérapages, et écarts, comme ceux des peoples, les sportifs, les stars de cinéma, l’émission gagne rapidement son public. « C’est une des émissions les mieux produites dans son genre. Ils ont su imposer leurs propres rubriques sans que ce soit tapageur. Et bien que cela ait cette apparence d’improvisation pour le grand public, tout est millimétré, c’est un mécanisme d’horlogerie« , reconnaît un producteur et concurrent direct.

Ce qui devait arriver, arriva, à la rentrée de septembre, le « Petit Journal » devient une émission à part entière d’une durée de 18 minutes, qui se tient sur son propre plateau. Barthès et Le Bon en profitent pour créer leur propre société de production et la nomme Bangumi, qui signifie « programme » en japonais. Dès lors, c’est 40 personnes qui travaillent chaque jour pour l’émission. Les audiences atteignent 1,8 million en 2013-2014 et l’émission ne cesse de gagner en importance et en notoriété.

Un succès, bien sûr qui s’accompagne aussi de critiques, comme celles d’arrêt sur image qui dénoncent parfois certaines « manips » de l’émission.

Tout ceci est terminé, Barthès et sa société de production retrouveront Canal+, mais cette fois en concurrence…

Crédit photo : Inside The Pain

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