« Greenpeace » à l’abordage de « Petit Navire »

« Greenpeace » voudrait-il couler « Petit Navire » ? L’ONG considère que Petit Navire utilise des « méthodes de pêche destructrices », et de prélever trop de poissons, sans tenir compte de leur taille ou de leur espèce. Alors que plusieurs marques de thon en boîte ont commencé à modifier leurs pratiques.

Depuis le 21 mai, les militants de Greenpeace, et les bénévoles ont retiré des milliers de boîtes de thon des rayons afin de dénoncer symboliquement l’utilisation massive des dispositifs de concentration de poisson (DCP) par le géant du thon. D’autres militants tentent des actions contre l’usine Petit Navire à Douarnenez, et ils ont entrepris de repeindre la façade de l’usine tandis qu’une dizaine de personnes, enchaînées à des boîtes de thon géantes, bloquent l’accès aux camions de livraison.

Cette guerre n’est pas nouvelle, en avril dernier, l’ONG a envoyé son célèbre bateau l’Espéranza dans l’océan Indien pour mener l’enquête sur la surpêche du n° 1 du thon en boîte, de la Thai Union, qui est propriétaire de Petit Navire. Ils luttent contre les DCP, méthode qui consiste à attirer les poissons sous un faux récif équipé d’une balise GPS, puis à refermer une nasse sur eux. Greenpeace dénonce cette méthode, car elle ne fait pas de distinction entre les prises et attrape aussi bien les thons adultes que les juvéniles, ainsi que d’autres espèces de poissons. Hélène Bourges, chargée de campagne océans chez Greenpeace France précise « qu’ils attirent tout un tas de vies marines, des thons, des requins, parfois des tortues et aussi des petits thons qui n’ont pas eu le temps de se reproduire. Jusqu’à un million de requins sont tués par les DCP rien que dans l’océan Indien « .

De son côté, Petit Navire, assure toutefois que les DCP sont une des « meilleures » techniques de pêche.  Pour l’entreprise, les prises d’espèces en danger ne représentent que 0,3 à 0,5 % des captures avec les DCP, alors qu’avec les palangriers utilisés dans un grand nombre de pays du monde, on est entre 40 et 60 % de prises annexes ». Petit Navire assure avoir déjà agi en réduisant à 250 le nombre de DCP par bateau de pêche, alors que la commission thonière en demandait 550. Il assure avoir mis en place un plan de réduction des prises de thon albacore de 20 % dans l’océan Indien, explique Amaury Dutreil, directeur général de Petit Navire. « S’il n’y a plus de thons dans les océans, il n’y a plus de thons à mettre dans la boîte, ajoute-t-il. On ne va pas scier la branche sur laquelle on est assis ! « .

Crédit photo : Francoise

Laisser un commentaire