Les écoutes téléphoniques de l’OM : Du rififi sur la Canebière

« Ambiance », c’est le mot qui revient en tête, à la lecture des extraits des écoutes mises en place dans le cadre de l’enquête sur les transferts douteux de l’Olympique de Marseille. Ces écoutes, mises en place par le juge Thierry Azéma entre juillet 2011 et le deuxième semestre 2012  concernent l’agent Jean-Pierre Bernès.

Ces écoutes dévoilent une belle tranche de vie du Football professionnel français avec les pratiques, et le climat qui règnent autour du club de la Canebière. Si la devise du club, c’est « droit au but », autour de la pelouse ça respire ni la sérénité, ni la confiance, et les pratiques, elles, sont loin d’être directes entre les différents protagonistes.

Quand Jean-Pierre Bernès donne son avis sur la situation de l’OM, c’est pour prévenir que « la femme à Dreyfus, elle ferait mieux de prendre ses billes, de partir vite parce que ça va lui coûter très cher« . Il pense à ce moment-là, que « l’affaire Guérini » (une affaire politico-financière) va remonter jusqu’à l’OM et propose à Acariès, présent en bonne place dans le staff de Marseille de l’époque, de faire un « putsch ».  Son interlocuteur lui répond que Margarita Louis-Dreyfus est « complètement maraboutée » par un Vincent Labrune qui ne lui dirait pas la « vérité« .

On y apprend que les contacts et les affaires du club peuvent être suivis au plus sommet de l’État, puisque Jean-Pierre Bernès appelle Sophie Dion, conseillère sport de Nicolas Sarkozy, alors président de la République. « Il n’en peut plus, Deschamps, il souffre de ça, des pressions, des menaces. C’est une horreur« . C’est le président lui-même (pourtant grand supporter du PSG) qui contactera directement Deschamps pour l’assurer de son soutien. On sait qu’alors, la rivalité était terrible entre l’actuel sélectionneur de l’équipe de France et le directeur sportif du club Jose Anigo.

Ces écoutes confortent que les relations entrent les joueurs, l’entraineur et tous ceux qui gravitent autour d’un club ne sont pas simples. Il faut gérer les egos, des sommes d’argent importantes, et puis les simples sauts d’humeurs ou les inimitiés tenaces. On y apprend par exemple, que Didier Deschamps veut qu’André-Pierre Gignac quitte le club, mais il se résout à « le traîner comme un boulet ». Les écoutes du juge Azéma révèlent enfin que Bernès a voulu placer Yoann Gourcuff à Marseille, ce que Deschamps a refusé, « pas là, pas comme c’est là, lui a répondu le coach. Pitié, non« .

Soyons honnête, ce ne sont pas des révélations fracassantes, on se doute qu’à l’OM comme dans d’autres clubs, les enjeux financiers lourds, fragilisent, et modifient les comportements. Les pratiques sont plus que « limites », et entrainent des dérives. Cependant, ces déclarations arrivent au moment où l’OM est en vente, et ne vont pas faciliter les futures négociations.

Pécaïre, du côté du vieux port, on a l’habitude, et comme on dit « à l’OM, soit il se passe quelque chose, soit il va se passer quelque chose ».

Crédit photo :  Fenix

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