Natation française : une sélection très (trop) sévère ?

Sentiment étrange après les résultats de ces championnats de France de natation. Il en ressort par exemple que Yannick Agnel, champion olympique en titre n’est pas parvenu à se qualifier pour les Jeux, même chose pour Florent Manaudou sur 100 mètres. On se dit, avec fierté, que la natation française doit avoir un niveau incroyable pour pouvoir s’en passer. Cependant, l’ensemble fait un peu gâchis.

Sans tomber dans un sentimentalisme interdit à ce stade des compétitions, on ne peut s’empêcher de trouver que le système de sélection semble vraiment impitoyable et particulièrement sévère. Celui-ci a pourtant permis de redresser une situation bien triste, rappelons-nous qu’en 1996, lors des jeux olympiques d’Atlanta nous n’avions obtenu aucune médaille. La fédération a pris le taureau par les cornes et instauré de nouveaux critères, seuls les 2 athlètes arrivés premiers aux championnats de France sont qualifiables pour les grands championnats, assortis d’un quota sous lequel aucun recours n’est possible.

Les résultats sont là avec en points d’orgues, les 11 médailles mondiales en 2011 et 7 médailles olympiques en 2012. Toute méthode à ses limites, et doit correspondre à une situation, peut-être grisée par ces résultats, la fédération n’est-elle pas allé trop loin ?

Paradoxalement, Florent Manaudou est à l’heure actuelle dans les huit premiers mondiaux, et ne devrait pas aller au J.O, car il n’est pas un des deux meilleurs Français. Depuis 2013,  la France est championne du monde de relais sur le 4 fois 100 mètres, mais aucun de nos nageurs n’est sur le podium, faute d’avoir ses meilleurs nageurs qualifiés. Çà c’est pour les nageurs confirmés, mais en ce qui concerne les espoirs, certains risquent de végéter dans l’antichambre, non pas faute de talent, mais simplement victime de ce système particulièrement élitiste.

De plus, il s’en trouve aussi un problème de calendrier dans cette année de J.O. Les championnats de France donnent l’impression qu’ils semblent plus difficiles encore qu’une finale des Jeux olympiques, et demandent aux athlètes d’être donc à leur maximum 4 mois avant l’échéance olympique, ce n’est pas bon signe.

Pour sûr, apparemment même les riches ont des problèmes, mais attention abondance de biens ne nuit pas, si et seulement si, on sait bien le gérer. La désillusion pourrait être sévère.

Crédit photo : Jean-Claude Mouton

 

 

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