110 cancérologues lancent un appel pour réduire le coût des traitements

C’est ce qui s’appelle « s’attaquer à du gros », 110 cancérologues français ont décidé de s’attaquer à l’une des industries les plus puissantes du monde, l’industrie pharmaceutique. Ils ont lancé mardi 15 mars un appel contre le prix jugé exorbitant de certains médicaments de lutte contre le cancer.

Ces médecins dénoncent des traitements, et des médicaments d’une valeur allant parfois jusqu’à 100 000 euros par an, et par patient. Le pire, selon ces médecins, est que l’immense majorité du prix de vente ne serait en fait que du pur bénéfice pour les laboratoires.

Afin d’alerter, et de sensibiliser l’opinion publique le professeur d’hématologie Jean-Paul Vernant, n’hésite pas à préciser, que l’industrie des médicaments rapporterait encore plus de bénéfices que l’industrie du luxe. « Il n’y a pas d’industrie au monde qui génère plus de bénéfice que l’industrie pharmaceutique. En 2012, LVMH a fait 11,5 % de son chiffre d’affaires en bénéfice. Sanofi a fait 23 %… »

Comme d’habitude, pour justifier ses tarifs, et ses augmentations, les laboratoires invoquent des coûts importants de recherche et développement pour créer un nouveau médicament. Ils font remarquer que les prix sont à la hauteur de l’efficacité des traitements, et de l’amélioration des services rendus, un investissement pour de moindres dépenses, en quelque sorte.

Cependant, est-ce que cela justifie tout ? Notamment de tels excès. Le prix des antituberculeux apparus au milieu du XXe siècle n’a heureusement pas été défini en fonction des années de sanatorium, et des morts évités, fait remarquer le collectif de médecin.

L’industrie pharmaceutique calcule le prix d’un médicament en fonction de l’investissement qu’elle avait consacré à la recherche et au développement (R&D). Aujourd’hui, en ciblant mieux les domaines de recherches, et en profitant d’autorisations de mise sur le marché (AMM) très rapides, le coût de leur R&D a diminué, donc la R&D ne suffit pas à justifier les prix très élevés de ces nouveaux traitements.

En fait, les prix des nouveaux traitements du cancer sont surtout déterminés par le pouvoir d’achat des marchés visés. Cela explique les écarts de prix très importants observés d’un pays à l’autre. Cette pratique qui vise à optimiser les gains, pèse sur l’équité d’accès des patients, aux traitements innovants des cancers, et bien sûr sur les comptes de notre système de santé solidaire.

Il devient urgent, que la cupidité de quelques-uns, laisse la place à la santé de l’ensemble.

Crédit photo : Daniel

 

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