Élection en Allemagne, percée populiste ou peut-on dire « extrême droite »

Il y a eu des élections, dans trois États régionaux en Allemagne ce Week-end, il en ressort plus particulièrement deux tendances. Les conservateurs d’Angela Merkel ont essuyé un vote sanction, les résultats leur sont nettement défavorables. Par contre, la droite populiste allemande représentée par le mouvement AFD a enregistré ce dimanche une réelle percée. Tout ceci sur fond de politique migratoire.

Pourtant, Angela Merkel n’a pas ménagé ses efforts pour défendre sa politique devant des électeurs, et malgré les critiques dans son camp. Certains candidats conservateurs ont d’ailleurs pris leurs distances avec sa politique. A l’instar, d’autres pays européens comme la France, « les migrants » font peur. Ce sont donc les populistes, qui apparaissent comme les grands vainqueurs du scrutin. L’AFD a été créée en 2013 par un professeur d’économie du parti d’Angela Merkel insatisfait de la politique allemande vis-à-vis de l’euro.

A la base, c’était un parti anti-Euro, mais aussi un parti d’universitaires. La crise migratoire a permis la montée du mouvement extrémiste de rue, Pegida. Pour les élections, ce dernier s’est rabattu sur l’AFD. Celui-ci a connu un putsch interne où les fondateurs ont été mis en minorité par un autre groupe plus extrême. En même temps que cette prise de pouvoir, il y a eu un noyautage de ce parti par des personnalités d’extrême droite.  L’AFD, aujourd’hui, est un parti hostile à la migration et n’exclut pas éventuellement de tirer sur les migrants si nécessaire.

Ce phénomène apporte un éclairage sur une situation allemande que l’on a peut-être tendance à idéaliser en France, car on pourrait croire que les Allemands vont très bien économiquement parlant. Cependant, une frange de la population allemande vit avec un petit salaire. La précarité existe bien en Allemagne, et beaucoup plus en Allemagne de l’Est. Ce sont des territoires parfois délaissés, quasi-déserts, où l’on ferme des bureaux de poste, où l’on ferme des gares et dont les habitants se sentent comme abandonnés. Il est important de souligner, que beaucoup, ont en fait peu de contacts avec les étrangers.

Les mêmes choses provoquent les mêmes choses partout dans le monde. C’est un réflexe de personnes laissées pour compte à qui la crise actuelle, la mondialisation, la complexité des problèmes donne encore plus l’impression que les politiques ne maîtrisent plus la situation. Pour se rassurer, ils se raccrochent à des valeurs simples, qui peuvent être, une couleur de peau ou une religion…et des choses concrètes sur lesquelles ils peuvent directement influencer, comme la venue des migrants.

 Crédit photo :  Antifaschistisches Nachrichtenportal Niedersachsen

 

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