Islande et Union Européenne : pas de referendum pour…ne pas entrer

Les référendums concernant l’Europe, dans tous les pays, ce n’est vraiment pas simple. Cette fois, c’est l’Islande qui, pour sa part, devrait retirer officiellement sa candidature à l’UE déposée en 2009 sans en passer par une consultation populaire, contrairement aux promesses du gouvernement.

L’Islande devrait refuser officiellement son adhésion à l’Union européenne. Le parti du Progrès et le parti de l’Indépendance, qui forment la coalition de centre droit au pouvoir vont soumettre une proposition de loi à la chambre unique du parlement islandais. Il s’agit de retirer la candidature du pays à l’UE, mais sans passer par la voie du référendum comme l’avait promis le gouvernement lors de son entrée en fonctions en avril dernier.

Bon soyons honnête, l’idée d’adhérer à L’Union européenne n’a pas vraiment le vent en poupe dans le pays. 3 raisons principales à cette défiance, le premier, le plus important, est le problème de la pêche. Avec l’effondrement de son système financier, la pêche est redevenue un secteur essentiel de l’économie islandaise. L’entrée dans l’UE signifierait l’adoption de quotas de pêche et Reykjavik veut continuer à disposer d’une liberté totale en la matière. Le deuxième danger perçu est celui de l’euro, la zone euro n’apparaît plus après quatre ans de crise profonde comme une zone de tranquillité. L’Islande a beaucoup profité (au prix d’une très forte inflation) de la dépréciation de la couronne qui a atteint jusqu’à un quart de sa valeur. Le pays ne veut pas perdre la maîtrise de sa politique monétaire, et enfin l’Islande est sortie de la crise en préservant essentiellement les intérêts nationaux. Attitude, impossible à maintenir en cas d’adhésion à l’UE. Les partis opposés à l’UE opposent la technocratie bruxelloise à la démocratie islandaise.

Les derniers sondages laissaient peu de chances à l’adhésion à Bruxelles (49 % pour le non, 26 % pour le oui), mais ce chiffre semblait en recul par rapport à l’an dernier. Le gouvernement a donc préféré précipiter les choses plutôt que de faire campagne et prendre un risque. Un accroc dans la fameuse démocratie participative islandaise, si souvent citée en référence, car trois quarts des Islandais voulaient un référendum sur la question.

Crédit photo :  FredChar

 

 

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