Iran : « Gershad », l’application pour éviter la police des mœurs

Suivant les pays, les applications mobiles ont des utilités parfois très différentes. En Iran, un collectif anonyme a lancé une application mobile, qui permet de savoir où se trouve la police des mœurs. L’application, appelée Gershad rencontre un vif succès.

Dans le pays, le code vestimentaire est très rigoureux depuis la révolution de 1979. La police des mœurs a été créée pour s’assurer qu’il est bien respecté. Ses agents circulent donc dans la rue pour vérifier si les femmes sont bien couvertes, avec des vêtements amples de la tête aux pieds, et si elles portent correctement le hijab. Les hommes peuvent également être visés, s’ils ont des cheveux longs ou des vêtements jugés inappropriés par la police des mœurs.

Le principe de l’application est assez simple, quand un utilisateur voit dans la rue, un contrôle effectué par la police des mœurs, il signale son emplacement sur l’application. Les autres utilisateurs en sont immédiatement avertis, et ils peuvent dès lors modifier leur itinéraire pour éviter le contrôle.

Le nom de l’application Gershad, est la contraction de « Gasht-e-Ershad », signifiant « officier de la police des mœurs ». L’application est surtout utilisée par les jeunes, et les femmes, premières cibles de cette police. Elle a déjà été téléchargée plus de 10 000 fois, mais dans les 24 heures suivant son lancement, le 8 février dernier, Gershad était inaccessible en Iran, avant de fonctionner à nouveau. L’application n’est pour l’instant disponible que sur les appareils Android et encore en version bêta, c’est-à-dire en version test.

Le plus grand danger pour certains, et d’être sûr, que les données des utilisateurs sont en sécurité. Notamment, que leur arriveraient-ils si leur adresse IP venait à être découverte par les autorités ? De plus, que se passerait-il si les autorités se mettent à utiliser Gershad en y ajoutant de fausses informations ?

Le président Hassan Rohani avait pourtant demandé à la police de faire preuve de plus de tolérance au sujet du hijab, mais le gouvernement n’a pas le contrôle total de la police. Le chef de la police est nommé par le Guide suprême à qui, il doit rendre des comptes. Il faut rappeler que pour Le Guide suprême, Ayatollah Ali Khameini « les femmes  ne parviendront à leur statut qu’en s’occupant de leurs foyers et mari plutôt que de se soucier de leur travail et de leur éducation ».

Dans son rapport annuel 2015/2016, Amnesty international explique que « les lois sur le port obligatoire du voile (hijab) permettaient toujours à la police et aux forces paramilitaires de harceler les femmes, de leur infliger des violences et de les emprisonner ».

Crédit photo : Pavel Dobrovsky

 

 

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