Les sites de rencontres portent bien leur nom

Dans une de ses dernières études, qui va être publiée ce mercredi, l’Institut national d’études démographiques l’Ined fournit les premières statistiques fiables sur l’amour en ligne en France. Loin des fantasmes, c’est l’occasion de ramener le phénomène et les résultats à leurs justes mesures.

L’utilisation s’est largement répandue, au milieu des années 80, moins de 2 % des Français entre 21 et 44 ans déclaraient avoir utilisé ce type de service pour faire des rencontres. En 2014,  16 % à 18 % des 18-65 ans se seraient déjà inscrits sur des sites de rencontres. La fréquentation est importante, les utilisateurs y nouent surtout des relations éphémères. C’est plus un lieu de « drague » pratique, car on sait « pourquoi on est là » ce qui facilite les rencontres amoureuses et sexuelles.

On assiste à une démocratisation de leur usage, les sites de rencontres étaient, à l’origine utilisés par une population assez précise. Les 26-30 ans appartenant aux catégories socio-professionnelles supérieures, et résidant en ville, les cadres et professions intellectuelles supérieures étaient deux fois plus présents sur les sites de rencontres que les ouvriers. La tendance est donc au nivellement puisqu’en 2013, la différence de fréquentation des sites entre ouvriers et cadres était seulement de 3,5 points (16 % des cadres et 13 % des ouvriers).

Enfin, en ce qui concerne le lieu de résidence, le recours aux sites de rencontres s’est étendu au monde rural. Au départ, cette pratique très parisienne s’est répandue à travers le pays. Les sites de rencontres désormais, se spécialisent pour cibler des populations comme les personnes d’un certain âge, de tel milieu social ou telle religion.

L’information importante de cette étude, et que seule une minorité de couples, s’est formée grâce à des sites de rencontres. Parmi les personnes ayant rencontré leur partenaire actuel entre 2005 et 2013, moins de 9 % l’ont connu par l’intermédiaire de ce type de service. S’ils sont un moyen d’échanges et de contacts, ces sites ne sont pas devenus un mode de rencontre dominant. Ils arrivent nettement en retrait derrière le lieu de travail, les soirées entre amis, les lieux publics et l’espace domestique.

L’étude révèle par contre que pour les couples de mêmes sexe, le numérique s’impose. Parmi les personnes (de même sexe) ayant connu leur partenaire actuel entre 2005 et 2013, un sur trois l’a fait par l’intermédiaire d’un site Internet.

Crédit photo : alinehum

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