Une escroquerie en Chine toucherait 900 000 personnes

Avec un immense pays comme la Chine, tout prend de l’ampleur, et pour les escroqueries, c’est la même chose. Vingt-et-une personnes viennent d’être arrêtées dans une affaire d’énorme fraude financière concernant le site chinois de prêt aux particuliers Ezubao.

Ezubao, était l’une des plus grosses sociétés chinoises de prêts en ligne qui promettait d’investir son argent à un taux d’intérêt variant entre 9 et 14 % garanti. Le site fondé en 2014 par Ding Ning était en fait une immense arnaque, un système pyramidal, c’est-à-dire qu’il remboursait les dettes anciennes avec l’argent de nouveaux investisseurs. 95 % des projets de financement individuels étaient fictifs, et la plupart des projets d’investissements proposés sur son site Web étaient inventés.

Sur les 207 sociétés auxquelles Ezubao était censé prêter l’argent des investisseurs, une seule seulement aurait effectivement perçu des fonds. Ezubao a profité d’un secteur  en plein essor en Chine, et, il est aussi peu régulé et surveillé. Le « peer to peer » est censé mettre en relation des investisseurs en quête de retours élevés et des entreprises qui peinent à se financer auprès des grandes banques.

Cela ne vous dit rien, on pense immédiatement à « Madoff », mais avec la Chine, c’est une autre dimension. L’affaire repose sur un détournement de 7,6 milliards de dollars et concernerait plus de 900 000 Chinois qui seraient tombés dans le piège.
Pendant ce temps-là, Ding Ning, le fondateur du site, âgé de 34 ans, se permettait 140 000 euros de salaire mensuel avec sa maîtresse et bras droit, Zhang Min. Celle-ci était d’ailleurs devenue l’égérie du site, car dans ce genre d’arnaque, tout est dans les apparences pour faire croire en la solidité et au sérieux d’Ezubao. Les affiches et les spots publicitaires télévisés étaient omniprésents en Chine et la trentaine d’employés ne devaient s’habiller qu’avec des vêtements de créateurs, pour donner une image luxueuse et rassurante.

Comme pour « Madoff », tout s’est finalement effondré et Ding Ning, l’escroc est apparu sur la chaîne nationale CCTV en tenue de prisonnier, reconnaissant les charges qui pèsent sur lui. Des aveux publics avant un procès fleuve qui devrait s’ouvrir en milieu d’année.

Crédit photo :  Kaleigh Johnson-Cover

 

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