COP21: un accord a finalement été trouvé

L’accord de Paris sur le climat a été adopté, avec en prime une mise en scène et un suspence insoutenable, qui a précédé un happy-end extraordinaire (les médias en ont pour leur argent). Reste que le rapport présenté samedi matin par Laurent Fabius visiblement fatigué et ému, est accepté par les 195 parties.

L’accord de Paris entrera en vigueur à partir de 2020 et va remplacer le protocole de Kyoto. Il a été ratifié, accepté ou approuvé par au moins cinquante-cinq pays représentant au moins 55 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Comme on peut l’imaginer, le texte adopté est un modèle d’équilibre et représente un exercice diplomatique de synthèse presque aussi impressionnant que l’accord lui-même. Orchestré par un Laurent Fabius dont tous saluent la méthode de négociation et l’expertise, l’accord de Paris représente une performance qui permet d’aborder  tous les sujets jugés essentiels par la plupart des observateurs, tout en réussissant à ne vexer personne.

Concernant la hausse maximale des températures, il est question de « bien en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels » et de « poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5°C à la demande des pays les plus concernés.

Quant aux 186 contributions nationales déposées par les pays en amont de la COP21 et jusqu’à ces derniers jours, la responsabilité de leur application revient à chaque État. Ces contributions n’ont pas de caractère contraignant. Un principe de cycles de révision, tous les cinq ans sera mis en œuvre, et devrait débuter en 2025. Les ONG demandaient une révision plus précoce, pour rester sous les 2°C de hausse des températures (sans parler du 1,5°C), les 10 prochaines années sont absolument décisives.

Le principe de différenciation (entre pays développés historiquement responsables d’une part essentielle des émissions, pays émergents et pays en développement), inscrit dans la Convention sur le climat de 2012,  est maintenu. Les États devront consentir des efforts « sur la base de l’équité« , les pays développés devant « continuer à (en) prendre la tête » et apporter un soutien aux pays en développement. Ces derniers doivent pour leur part, « renforcer leurs efforts d’atténuation en fonction des contextes nationaux« , c’est-à-dire de leur niveau de développement.

Côté financement, les 100 milliards de dollars par an versés par les pays riches aux plus pauvres pour soutenir leurs efforts de lutte contre le changement climatique, et les aider à s’adapter aux impacts déjà sensibles, apparaissent maintenant comme un minimum qui attend « un nouvel objectif collectif chiffré » plus conséquent avant 2025. L’accord mentionne d’ailleurs « l’importance de prévenir, minimiser et aborder les pertes et dommages associés aux effets négatifs du changement climatique, incluant les événements extrêmes, et les événements à évolution lente, ainsi que le rôle, pour un développement durable, de la réduction du risque des pertes et dommages« .

Par contre, l’accord exclut toute « responsabilité ou compensation » des pays du Nord pour les préjudices subis par les pays en développement, et rien n’est prévu pour accroître les financements avant 2020, ce qui déçoit les ONG.

Comme à chaque fois, chacun appréciera cet accord suivant ses aspirations, la Fondation Nicolas Hulot ou le WWF semblent satisfaits, Greenpeace est plus nuancé, Attac est carrément déçu. Du côté des entreprises et des financiers, c’est la satisfaction qui domine.

Crédit photo : ConexionCOP

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire