Birmanie : inquiétude sur la passation de pouvoir

La Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti de Aaung San Suu Kyi, a remporté une écrasante victoire aux dernières élections. Cependant, si la LND compose 80 % du nouveau Parlement, celui-ci n’entrera en fonction que début 2016. Voilà de quoi nourrir quelques inquiétudes sur la future passation de pouvoir.

Le système birman est ainsi fait que, Aung San Suu Kyi et sa quarantaine de députés de la LND se retrouvent  jusqu’à fin janvier dans le rôle d’opposition parlementaire face aux 331 députés de l’USDP pro-pouvoir alors qu’ils sont majoritaires dans le pays. Le nouveau Parlement, dominé à quelque 80 % par la LND, sans compter les 25 % de députés militaires, n’entrera en fonction que début 2016, sans doute en février ou mars. Ce n’est qu’à ce moment-là, que Aung San Suu Kyi et son équipe pourront gouverner et faire les réformes promises au peuple.

Une partie des troupes du parti au pouvoir, l’USDP, qui a tout de même reconnu sa défaite ne s’est pas présenté lundi au parlement. Les députés militaires, contingent non élu qui occupe 25 % des sièges, étaient quant à eux, arrivés avant tout le monde, en uniforme, refusant de faire toute déclaration. Aung San Suu Kyi, est quant à elle, arrivée seule, au dernier moment avec à la main deux roses rouges, et suivie par des dizaines de caméras. Elle n’a pas souhaité s’exprimer.

« J’appelle tous les députés à travailler jusqu’à la fin de la session« , qui doit s’achever fin janvier 2016, a ajouté l’actuel président de l’Assemblée, Shwe Mann, lui-même largement battu le 8 novembre. Il s’agit de voter le budget dans les prochaines semaines.

L’heure est aux tractations et aux discussions en sous-main à Naypyidaw, la capitale administrative. Shwe Mann a proposé à Aung San Suu Kyi une rencontre à ce sujet jeudi. Le président Thein Sein et le chef de l’armée,  actuellement en place, n’ont pas encore donné de suite et de date à la sollicitation de Aung San Suu Kyi pour un entretien avec eux.

Aung San Suu Kyi ne pourra pas se présenter en raison d’un article de la Constitution qui bloque l’accès à la fonction suprême aux personnes ayant des enfants de nationalité étrangère, car elle a deux enfants britanniques. Cependant, elle a indiqué qu’elle entendait bien mener les destinées de son pays en se plaçant « au-dessus du président« . La LND a annoncé lundi qu’elle recevrait le 28 novembre à Rangoun, les centaines de députés de son parti élus, l’occasion de célébrer une victoire. Son parti, assuré de pouvoir imposer son candidat à la présidence en raison de sa majorité absolue, n’a pas révélé le nom de sa doublure.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND) essaye de se rassurer, mais un de ses porte-parole, Win Htein, a confié dimanche soir à l’AFP son « inquiétude que l’histoire ne se répète ».

Crédit photo : Shawn Landersz

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