Drogues en France : un marché de 2,3 milliards d’euros

L’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ) vient de présenter une étude sur les drogues illicites en France. Cette étude révèle que le marché hexagonal a représenté pour l’année 2010, 2,3 milliards d’euros. C’est le cannabis (1,1 milliard) qui arrive en tête, suivi par  la cocaïne (902 millions).

Cette enquête, par son envergure est une première en France. Elle est le fruit d’une analyse de multiples paramètres comme, les enquêtes sanitaires et des données de justice et de police, le nombre d’usagers, leur intensité de consommation (régulière, quotidienne…), les quantités consommées, les modes d’approvisionnement, le prix estimé et la pureté du produit.

C’est donc le cannabis qui s’avère être le plus gros chiffre d’affaires, qui s’établit en moyenne à 1,1 milliard. Cela représente un volume de transactions compris entre 163 tonnes et 195 tonnes (selon la quantité de cannabis dans un joint). Il représente 48 % du  marché total de la drogue. Le volume global de consommation de cannabis est estimé à 285 tonnes, si l’on tient compte des dons et de l’autoproduction.

Concernant le marché de la cocaïne, il est le deuxième marché de la drogue (38 %), avec un chiffre d’affaires de 902 millions d’euros, pour un volume de 15 tonnes consommées. Ce marché a doublé en volume (8,3 tonnes en 2005) et en valeur (488 millions d’euros en 2005). Le prix est en baisse depuis les années 1990 (de 150 euros à 65 euros le gramme), cela a augmenté sa banalisation.

Le chiffre d’affaires de l’héroïne est plus difficile à cerner, mais l’étude estime un marché  entre 204 et 329 millions d’euros pour des quantités consommées comprises entre 5,1 et 8,2 tonnes. La difficulté d’estimation de ce marché est due à la concurrence générée par les médicaments de substitution aux opiacés.

David Weinberger de l’INHESJ et Christian Ben Lakhdar, enseignants-chercheurs à l’université de Lille 2, sont intervenus lors d’un colloque de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) pour présenter cette étude à Paris. Ils ont notamment expliqué que concernant la cocaïne « les trafiquants inondent l’Europe, car le prix y est plus élevé qu’aux États-Unis « .

Crédit photo :  Khmanglo

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