Bruxelles : ouverture d’un méga-procès contre la scientologie

Depuis lundi, L’Église de scientologie Europe et l’association belge, ainsi que dix cadres de l’organisation sont en procès pour une douzaine d’audiences à Bruxelles. Ce procès est un des plus importants et difficiles que la secte religieuse ait eu à affronter. Il fait suite à 18 ans d’enquête.

Les personnes physiques et morales sont poursuivies pour « association de malfaiteurs, exercice illégal de la médecine, extorsion, fraude et violation de la vie privée ». La procédure belge a démarré sur la base d’une plainte d’anciens membres et de proches. Plusieurs sociétés liées à la scientologie ont été perquisitionnées, mettant à jour un vaste système de financement international, via des comptes au Luxembourg, avec des montants de plusieurs millions d’euros. Les scientologues belges sont accusés par le parquet fédéral d’avoir mis sur pied une « organisation criminelle », or en principe, une organisation qualifiée de criminelle par la justice est susceptible d’être interdite.

Ce n’est pas une première pour les scientologues qui ne sont pas forcément bien vus en Europe. En France, la secte a fait l’objet de plusieurs condamnations dont la dernière pour « escroquerie en bande organisée » et la classe comme secte. Les Pays-Bas ne lui ont pas reconnu le statut de religion, au contraire de l’Espagne qui la reconnaît comme telle, mais sans lui attribuer les avantages fiscaux habituellement accordés aux Églises.

La scientologie est née en 1952 dans l’esprit de Ron Hubbard, un auteur de science-fiction. Elle s’appuie sur « La dianétique, » une pseudo-science qui permettrait le salut de l’âme des adeptes grâce à l’électromètre. Cet ohm-mètre est censé mesurer les ondes « négatives » du cerveau. Pour sa diffusion, elle s’appuie largement sur des célébrités converties comme Tom Cruise,  John Travolta, la chanteuse Julia Migenes Johnson, Isaac Hayes…

Cependant, la scientologie recrute ses membres dans la rue, elle propose un test de personnalité gratuit. Après, c’est payant et c’est cher, il faut acheter des livres et des modules de formation pour s’améliorer. Plus le niveau monte, plus c’est cher. Les adeptes doivent acheter un électromètre pour 4 800 euros (qui ne vaut en réalité que 250 euros). Les cours obligatoires sont aussi payants et peuvent atteindre plusieurs centaines d’euros. Les adeptes sont aussi invités à faire des dons. Son statut de religion reconnu dans certains pays lui permet d’échapper à l’impôt des sociétés.

La scientologie réfute tout cela dans un communiqué « non seulement l’Église conteste les charges qui lui sont reprochées et qui touchent tous les scientologues dans leurs droits fondamentaux, mais elle entend dénoncer les graves abus qui ont émaillé ces 18 années d’acharnement judiciaire« .

Crédit photo :  Emmanuel

 

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