Rochelle: Macron énerve le PS

Le ministre de l’Économie a réussi a créer une belle pagaille dans la majorité. Même, ses collègues du gouvernement en ont avait marre.

On s’étonne que cela ait tenu jusqu’à maintenant. Depuis une semaine, Emmanuel Macron n’a cessé de dire que « l’erreur historique de la gauche était d’avoir les protéger les gens contre le travail ». Selon les publications du dimanche: « La gauche a fait une erreur historique à considérer qu’elle devait être le parti de l’otium, du loisir et du repos. Elle a perdu le fil de son histoire, qui est de protéger les gens au travail. Le travail, c’est la gauche. La gauche, c’est le parti des travailleurs. »

Dans Le Point: « La gauche a fait une grave erreur en cessant de dire que le travail est la seule façon de s’émanciper. Son but devrait être de donner un emploi à tous, voilà un vrai objectif de gauche. Au lieu de ça, elle a semblé parfois vouloir protéger les gens contre le travail. Devenir le parti du temps libre. Or la valeur travail, c’est l’ADN de la gauche, elle se l’est fait voler par la droite en 2007. »

Mais c’est surtout sa sortie devant le Medef qui a provoqué l’explosion: « La gauche a pu croire à un moment, il y a longtemps, que la politique se faisait contre les entreprises. (…) Elle a pu croire que la France pouvait aller mieux en travaillant moins. C’étaient de fausses idées. » En fait, ce n’est pas nouveau. Le nouveau patron de Bercy hausse le ton en expliquant dans « Le Point » qu’il faut en finir avec les 35 heures.

Mais c’est surtout une question de symbole et de timing. Sa dernière présentation était devant le patronat, et à la veille de l’université d’été du PS alors qu’il n’était pas convié. Son geste a été considéré comme une provocation par son camp. « C’est une démarche individuelle très classique de vouloir exister avant un événement où on n’a pas la possibilité de s’exprimer », ironise la députée des Alpes-Maritimes, Karine Berger.

Manuel Valls est cependant d’accord avec Emmanuel Macron concernant les 35 heures, mais a préféré de recadré son ministre. « Les Français n’ont rien à faire avec les polémiques qui tirent vers le passé. Il n’y aura pas de remise en cause du temps de travail et des 35 heures. Beaucoup a déjà été fait pour permettre aux entreprises de négocier des assouplissements », a annoncé le Premier ministre pendant un déplacement à Châlons-en-Champagne samedi matin. Il a même essayé d’instaurer un peu de calme en contactant Le Monde, et l’AFP pour dire les mêmes choses: « Je ne parlais pas des 35 heures, mais du rapport au travail. (…) C’est le plus beau combat de la gauche, car le travail, c’est le moteur de l’émancipation individuelle. »

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