Méningite: des plaintes pour des vaccins défectueux

Est-il concevable qu’un médicament défectueux n’a pas été signalé par le laboratoire qui le développe que deux ans après sa fabrication? Et comment cette défaillance, alors qu’une demande de rappel, peut-elle se trouver en vente trois mois plus tard? Ce sont des questions que la plaine de M.Emmanuel Ludot après du TGI de Clermont-Ferrand évoque.

L’avocat intervient au nom de 32 familles victimes de CSP, distributeur pour la France d’un vaccin développé par le laboratoire américain Nuron Biotech. L’affaire concerne le Meningitec, qui protège contre la méningite C, une souche qui touche près de 550 personnes en France tous ans, et touche particulièrement des adolescents et jeunes adultes. La méningite C est responsable de 15% de décès. Le vaccin a été conçu en 2002, et entre dans le calendrier vaccinal depuis 2010 à partir de 12 mois jusqu’à 24 ans.

« Quand mon médecin me l’a prescrit, je lui ai fait confiance », raconte Coralie, maman d’une fillette de 2 ans et demi. Elle était inquiète et en colère, sa fille a été vaccinée à 1 an en février 2014 et avait présenté des symptômes persistants comme des fièvres à répétition, des éruptions sur le corps, des maux de ventre, des sommeils perturbés… Elle a fini par faire le rapport avec le vaccin quand en 2015, elle a analysé le carnet de santé de sa fille et avait découvert sur internet que le Meningitec administré à sa fille faisait partie d’un lot que le laboratoire avait demandé le rappel dans le monde et en France via l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), le 24 septembre 2014.

« Mesure de précaution » avait estimé le laboratoire qui avait fait appel aux différentes autorités des différents pays pour signaler un « défaut », à cause de la présence de particule de fer et d’acier, « qui ne remettent en cause ni la stérilité ni l’efficacité du produit » et ne devrait provoquer que des gonflements, ainsi que des éruptions autour du point d’injection, cela pourrait s’accompagner par une fièvre immédiate. Coralie retrouve alors d’autres victimes et certaines ont même acheté des « jusqu’à la fin décembre, après la demande de retrait », indique Me Ludot, qui s’interroge : « Où se situe la faille ? »

crédit photo:WikiImages

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