Love: film X ou drame sentimental?

Depuis qu’il a été dévoilé au Festival de Cannes, le long-métrage de Gaspar Noé a réveillé beaucoup de critiques. Certains le définissent comme une histoire d’amour mélancolique, d’autres indiquent que c’est grossier et pornographique. En gros, le film divise.

Il a été présenté en séance de minuit durant le dernier festival de Cannes, et est interdit aux moins de 16 ans, et pourrait être interdit aux mineurs selon les demandes de la ministre de la Culture. Mauvais critiques ou jugement mal placé, le long-métrage a eu une publicité phénoménale avant sa sortie en salle.

Ce n’est pas si étonnant si « Love » fais la Une, de mercredi, jour de sa sortie officielle. Si la majeure partie des journalistes de la presse française avait salué les qualités esthétiques et les effets 3D utilisés dans le film, ses acteurs ont été aussi mis en avant.

Son réalisateur l’avait défini comme un film avec «du sang, du sperme et des larmes», Love est-il un vrai film pornographique? Cette question était sur toutes les lèvres depuis la diffusion de la première bande-annonce et la déclaration de Gaspard Noé qu’il y aurait de nombreuses scènes de sexes et qu’ils ont été réalisés sans trucage. Enfin, pas uniquement, selon les journalistes.

Éric Neuhoff de Figaro a par exemple estimé que le film est très «plan-cul. L’acteur principal est «aussi expressif qu’une trousse de toilette» incarnant un américain à Paris qui s’est perdu dans «bluette qui se veut romantique». «Le scénario étant aussi palpitant d’un porno, contempler ces nus imbriqués se révèle aussi fastidieux que le spectacle d’un dormeur sur un banc chez Andy Warhol.»

Pierres Yves Grenu de Culturebox a estimé que «même si on considère que les scènes de sexe ne sont pas simulées et qu’aucun détail n’échappe à la caméra», Love ne peut se résumer à ce statut. Love est avant tout l’histoire d’une passion amoureuse qui tourne mal (…) Les scènes de sexe sont importantes, fréquentes, mais il arrive aussi que ce soit le cas dans la vraie vie…»
Isabelle Régnier du Monde est du même avis: «Love n’a rien du porno annoncé. Le film est, certes, concentré sur ses scènes de sexe, nombreuses, et non simulées. Mais il ne recourt à aucun des codes du porno, ne cherche pas outrageusement à exciter le spectateur, ne montre jamais d’organes sexuels en gros plan.» Stéphanie Lamome, de Premiere, s’interroge alors: «Comment réaliser un grand film sentimental porno? Le sperme est-il soluble dans l’eau de rose? Oui, même si ça peut faire des grumeaux.»

crédit photo: Greyerbaby

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