La sélection des étudiants commence à s’imposer à l’université

La sélection des étudiants se présente de plus en plus à l’université. Malgré le fait que le code de l’éducation indique que « le premier cycle est ouvert à tous les titulaires du baccalauréat », les établissements universitaires imposent année en année des parcours sélectifs.

L’Union nationale des étudiants de France (UNEF) qui effectue chaque année une enquête concernant les pratiques illégales des universités s’est penchée pour cette année 2015, aux blocages infligés aux bacheliers dans l’enseignement supérieur.

54 universités sur 74 auraient mis en place la sélection à l’entrée de la licence, selon le rapport de l’organisation étudiante, alors qu’en 2014, cette pratique ne concernait que près 33 établissements. « Les universités sont de plus en plus nombreuses à mettre en place une sélection illégale dans certaines filières. Une démarche élitiste qui empêche des bacheliers d’accéder aux études et qui concerne 334 formations, » a dénoncé l’UNEF.

Soit en gros près de 20% du total des licences. « Il n’a jamais été aussi difficile pour un bachelier de s’inscrire dans la filière de son choix », avait ajouté William Martinet, président du syndicat.

Les demandes d’inscriptions à l’Université a connu une hausse de 6,5% en 2015, selon le rapport de l’UNEF, sauf que « la politique d’austérité qui frappe les universités ne permet pas au service public de remplir son objectif de démocratisation ».

La demande ne cesse d’augmenter, mais les établissements n’arrivent pas à y faire face. « Les universités utilisent donc tous les moyens possibles pour refermer leurs portes », accuse l’UNEF.

Il existe différentes formes de sélection. Quelques universités en Ile-De-France procèdent par exemple la réduction de leurs capacités d’accueil, soit près de 30% des formations en France.

L’académie de Besançon a par exemple diminué sa capacité d’accueil à 10%. Ce n’est pas illégal, mais c’est comme si les étudiants sont tirés au sort, mais inéquitables.

Des milliers de bacheliers ne peuvent pas suivre la filière de leur choix, d’après toujours l’UNEF.

« Le tirage au sort est la pire des solutions, mais c’est la seule que nous ayons, précise Jean-Loup Salzmann, président de la Conférence des présidents d’université. Le nombre d’étudiants augmente et nos moyens baissent. A un moment, ça coince… Nous ne souhaitons pas réduire le nombre d’étudiants, mais réguler les flux comme nous pouvons. Le problème, c’est que la France paie trop cher pour les grandes écoles et les classes préparatoires. D’autant que ces filières accueillent des élèves qui réussiront de toute façon, quand nous devons faire progresser des étudiants dont certains ont de grosses difficultés. »

crédit photo:BlueOlive

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