Grèce: pourquoi cela traine toujours?

La date buttoir pour le remboursement du 1,6 milliard au FMI approche à grands pas, pourtant les négociations avec Athènes ont loin d’être finies.

Depuis jeudi dernier, un Eurogroupe avait eu lieu jeudi, un autre Eurogroupe puis un Conseil européen des chefs d’États et de gouvernement de la zone euro, lundi dernier, puis un Eurogroupe mercredi soir, une autre Eurogroupe puis un conseil européen le jeudi, et peut-être qu’il y aurait un Eurogroupe ce vendredi ou lundi prochain. Il ne faut pas oublier les réunions techniques, puis les réunions à deux, à trois ou à quatre. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a surement planté sa tente au rond-point de Schummann à Bruxelles, entre le Conseil européen et la Commission.

Avec les négociations entre la Grèce, les négociations entre la zone euro et le FMI, l’affaire grecque bat tous les records de durée dans l’histoire communautaire. Les discussions entre le gouvernement Syriza-Anel et ses créanciers ont duré près de cinq mois, sans aucun résultat alors que l’horloge tourne toujours: il ne reste plus que cinq jours avant le 30 juin, date à laquelle Athènes devra rembourser 1,6 milliard à la FMI, un engagement qu’il ne pourra pas tenir s’il ne reçoit pas les 7,2 milliards que ses créanciers leur ont promis.

Dimanche soir, le premier ministre grec a déposé auprès de ses partenaires un projet de compromis qu’il a signé de sa main. Ce geste est apprécié, car en cinq mois, la valeur de la parole grecque a fortement diminuée, les négociateurs, aussi bien technique que politique, et souvent contredit par la méfiance atteignant un sommet que le négociateur en chef du FMI, Poul Thomsen a juste envoyé un fonctionnaire junior qui n’a aucune autorité.

Le conseil européen de la zone euro a été convoqué vendredi dernier pour une réunion d’urgence, tout le monde avait espéré un accord lundi soir, d’autant plus que la >Grèce avait fait un grand effort pour l’équilibrage de son budget, mais aussi en dégageant un excédent budgétaire primaire revu à la baisse par ses partenaires. Le projet que la Grèce avait proposé devait rapporter 2,69 milliards d’euros en 2015 et 5,2 milliards en 2016, sauf que le FMI avait rejeté le projet grec. Le document était comme une copie d’examen d’étudiant barrée en rouge par un professeur aigri.

La forte hausse de l’impôt sur les sociétés, la taxe spéciale de 12% sur les bénéfices des entreprises de plus de 500.000 euros, la taxe sur les jeux font entre autres parties des points de désaccord. Par contre, les créanciers estiment que la réforme de la TVA doit permettre de faire un gain de 1% du PIB. Mais par-dessus tout, c’est que la zone euro ne veut pas faire un geste qui permettrait au Premier ministre grec d’avaler facilement une pilule plus amère que l’on ne le pense: reconnaitre leur engagement de novembre 2012 qui avait examiné la soutenabilité de la dette grecque. Cela devrait permettre l’ouverture d’une porte pour la restructuration.

crédit photo: GUE/NGL

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