Gossip: « Interdire ne sert à rien »

Les adolescents deviennent-ils accros aux rumeurs et aux ragots? Gossip est une application qui « véhicule » des rumeurs anonymes.

Elle est de nouveau disponible après une interruption de deux semaines. Elle est surtout destinée aux jeunes de 13 à 20 ans qui publient des ragots sous forme de textes éphémères d’un maximum de 140 signets, de photos et de vidéos. Pour son retour, l’application s’est dotée d’un système de modération qu’elle considère comme « plus élaboré ».
Sauf que mêmes si messages sont brefs et éphémères, les impacts provoqués par ce genre d’outils sont dignes du cyber harcèlement et que les effets peuvent néfastes pour les jeunes. En effet, une étude a signalé que le cyber violence est responsable d’une dizaine suicides chaque année.

Comment affronter ce phénomène? Devrait-on l’interdire?
Selon Philipe Coen, juriste et président fondateur de l’association Respect Zone, les outils numériques « ne sont pas responsable des cyber violences et des offenses entre adolescents ». Mais l’application peut par contre « faciliter la violence en ligne et sur les réseaux sociaux ». C’est la manière dont les internautes l’utilisent qui fera mal. Un jeune mal éduqué estime qu’une application « pousse au crime » comme le cas de Gossip, c’est comme « offrir du kérosène à un pyromane ».

« L’interdire ne sert à rien » car cela lui fera plus de publicité. Et de toute façon, les jeunes trouveront d’autres moyens pour publier ses messages. C’est aux adultes de trouver la solution, en faisant comprendre à l’auteur des messages blessants qui lui aussi est une victime. « Être l’auteur de rumeurs malveillantes ou de harcèlement sur Gossip, c’est se mettre en marge de la société. Il en restera toujours des traces pour le futur adulte. Et puis, faire les choses par suivisme et esprit moutonnier, ce n’est pas glorieux… »

« La responsabilité des réseaux, des plateformes et des sites est un sempiternel débat. Le droit classique (lois, décrets, etc.) a du mal à suivre la logique et la vitesse du secteur numérique. En complément existe le droit souple, c’est-à-dire le droit que l’on s’impose à soi-même, comme les codes éthiques. L’éducation au numérique implique un vrai travail de sensibilisation pour apprendre aux internautes à intégrer l’autre et lutter contre les effets pervers de l’anonymat et des phénomènes de meutes qui nourrissent le cyber harcèlement parfois fatal. Notre sentiment est que les plateformes et réseaux sociaux sont à la croisée des chemins et qu’ils peuvent aujourd’hui choisir d’intégrer le respect dans leur ergonomie pour être substantiellement respectueux. C’est ce que défend notre jeune association française : rendre les forums et les réseaux sociaux respectueux by design, » avait ajouté le juriste.

Source : lepoint.fr

crédit photo: HND

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